Voy. le chapitre sur Corneille
3. Voy. sa dissertation sur la tragédie placée en tôte de Sémiramù (troisième partie).
Voltaire allègue (dans sa préface), pour justifier son Innovation, qu'il est permis d'employer le merveilleux par la raison que les anciens y ont cru. « Quoi ! dit-il, toute l'antiquité aura cru ces prodiges et il ne sera pas permis de se conformer à l'antiquité^ !» — « Ce n'est pas une raison, répond Lessing; le poète n'est pas historien*, il poursuit un but plus élevé; l'histoire pour lui n'est qu'un moyen; il ne veut pas nous instruire; il veut nous émouvoir; mais pour cela il faut qu'il y ait ime certaine correspondance, une certaine sympathie entre nos sentiments, nos croyances, et celle des personnages qu'on nous montre sur la scène. Si nous n'avions pas nous-mêmes une certaine disposition à croire au merveilleux, le merveilleux au théâtre ne nous toucherait pas. Ce n'est pas que nous n'ayons de bonnes raisons, des raisons philosophiques, pour eu douter. Mais, pour la masse du public, ces raisons n'ont pas assez de force, pour les persuader de l'impossibilité des apparitions surnaturelles. Cette disposition vague, confuse, à croire au merveilleux, un vrai poète saura çn profiter et s'en servir ; il saura écarter tout ce qui pourrait la détruire et réveiller notre incrédulité '. »
Lessing a sans doute raison, mais pas contre Voltaire, qui, dans le passage de sa préface cité plus haut, après avoir invoqué l'exemple de l'antiquité pour justifier l'emploi du merveilleux sur la scène, ajoute : « Quoi ! notre religion am*a consacré ces coups extraordinaires de la Providence, et il serait ridicule de les renouveler !» Il a donc d'avance répondu à l'objection de Les-