Vo7« la préface des Briefe antiquarischen ïnhalti
manque de liaison dans les scènes ; des entrées et des sorties non motivées ; dans le dialogue, absence de dignité| de bienséance ; des invraisemblances, des inconséquences et des maladresses dans le développement de l'action, dans la conduite et dans le langage des personnages, etc., etc.
Le correspondant de Voltaire n'est pas tendre pour le pauvre marquis. Mais Lessing flaire ici une ruse ; il soupçonne que ce Lindelle n'est autre que Voltaire luimême qui, sous un faux nom, dit à Maffei ce qu'il n'osait lui dire lui-même. Lessing admire ironiquement le style de ce Lindelle qui écrit comme Voltaire, et regrette qu'un auteur de ce talent n'ait pas écrit davantage. Il trouve que si Voltaire est resté en deçà de la vérité par politesse, Lindelle par esprit de dénigrement va au delà. Le premier aurait dû être plus franc, l'autre plus juste.
Cette petite comédie n'est pas finie. Dans une troisième lettre, qui fait suite aux deux premières. Voltaire ôte son masque, reprend son nom et répond à Lindelle, c'est-à-dire à lui-même. Il se reproche d'avoir été trop ^sévère; d'avoir signalé les défauts de la pièce italienne sans en signaler les beautés; il reconnaît même que, sur certains points, Maffei a montré plus d'art que lui, et qu'il a été obligé d'abandonner quelquefois son modèle par respect des usages de son siècle et de sa nation.
Certes nous n'approuvons ni n'admirons le procédé de Voltaire ; nous voyons là une de ces malices dont il est coutumier. Mais ce n'est qu'une question de forme qui ne préjuge en rien la valeur de l'œuvre elle-même ' .
1. L*anonymat et Tasage des pseudonymes étalent très à la mode au xvux« siècle, ot Lessing lui-m&me s*en est servi plus d'une fois.