‹ LessingChapitre 189 sur 233 · M. do Raumer, loc, cil · texte numérisé non relu

M. do Raumer, loc, cil

lement éloignée des extrêmes contraires; à les transformer par conséquent en habitudes morales, en dispositions yertueuses ; car c'est précisément, selon la doctrine morale d'Âristote, dans ce juste milieu entre deux extrêmes que consiste la vertu \

En d'autres termes, c en excitant la pitié et la crainte, la tragédie leur ôtera ce qu'elles ont d'excessif, c'est-àdire de vicieux et de dangereux, et les ramènera à un, état modéré et conforme à la raison ». Ces mots qui, sous une autre forme moins absolue, expriment la même idée, ne sont autre chose que le commentaire que donne Racine, du passage d'Âristote écrit en marge de la Poétique^. Ce commentaire est assez conforme à celui de Lessing, qui n'aurait donc pas tout à fait le mérite de l'invention; et chose curieuse, c'est un tragique français à qui en revient l'honneur, et celui-là même dont il dédaigne de s'occuper, parce qu'il n'a pas fait de théories ' I Mais ce qui appartient en propre à Lessing, c'est la façon dont il explique que cette purgation doit s'effectuer. Gomme il y a deux passions, la pitié et la crainte, qui doivent être tour à tour purgées l'une par l'autre, cette purgation sera quadruple :

1" La pitié purge la pitié \

2^ La crainte la crainte ;

3^ La pitié la crainte ;

4"* La crainte la pitié* ;

Est-il nécessaire d'insister longuement pour montrer que cette explication de Lessing, loin de clore le débat,

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