Discours de la Tragédie, p
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un poêle moderne peut et doit se servir des théories d'Aristote.
C'est une vaine prétention, que sans doute Aristote n'a pas eue, de vouloir enfermer dans une définition précise les formes variées et imprévues que peut revêtir rai*t dramatique, et d'avance fixer tous les effets qu'il I)eut produire sur les âmes.
De tous les genres littéraires, le drame est le plus complexe et le plus comprébensif. 11 les réunit tous. 11 en est comme la vivante synthèse. Tous les arts, peinture, plastique, danse, musique, lui prêtent leur aide. Il est la plus fidèle, la plus parfaite représentation de la vie. Il en donne l'illusion la plus complète. C'est le rêve de l'imagination qui devient réalité vivante sous nos yeux. Tous les effets que produisent les autres genres poétiques, le drame les produit également, mais avec plus de puissance et d'intensité. Quand Lessing, s'obstinant à vouloir que la tragédie seule puisse produire la crainte et la pitié, et pas autre chose, s'écrie : « A quoi bon le travail pénible de la forme dramatique; à quoi bon bâtir un théâtre, costumer des hommes et des fenunes, fatiguer leur mémoire, l'éunir toute la ville en un môme endroit, si je ne veux obtenir, avec mon œuvre et sa représentation, rien de plus que quelques-unes des émotions que produiraient un bon récit, lu par chacun chez lui, dans son coin* ? » Quand Lessing, dis-je, parle ainsi, il méconnaît la vraie nature du drame, et réduit beaucoup trop son domaine. Le drame, précisément parce que toutes les formes de la poésie et de Fart s'y rencontrent, agit sur notice être tout entier. Il nous