Dramaturgie, n
de refaire et de refaire mieux ! Qui peut tenir le pari* .»
II est vraiment regrettable que peraoune n*ait tenu le pari, ou que Lessîng ne se soit pas cru engagé d'honneur à réaliser cette belle promesse ! Il serait curieux de comparer le vrai Corneille au Corneille refait et corrigé par Lessiug !
Il est vrai qu'il ajoute aussitôt : « Assurément je la ferai mieux et cependant je serai bien loin d'être un Corneille et d'avoir fait un chef-d'œuvre. Je la ferai sûrement mieux et cependant je n'aurai pas le droit d'en être bien fier. Je n'aurai fait que ce que chacun peut faire, qui croit aussi fermement que moi à Aristote*. « Ou bien cet aveu, que nous devons croire sincère, — la sincérité est une des qualités qu'on ne saurait contester à Lessing, — n'a pas de sens, ou bien il prouve qu'il s'agit ici d'une question de pure forme; d^une adaptation mécanique de la tragédie à la théorie d' Aristote. Mais ce qui fait que Corneille est Corneille, ce qui fait que ses chefs-d'œuvre comptent parmi les chefsd'œuvre de l'art dramatique, c'est donc autre chose que cette conformité tout extériem*e à ceilaines règles, que le plus médiocre dramaturge peut réaliser : c'est la création des caractères, l'analyse des passions, la beauté du style, en un mot la vie, que le génie seul peut infusera ses œuvres. Voilà aussi ce qui, en dépit des raisonnements et des critiques de Lessing, fait vivre le théâtre de Racine et de Corneille et explique son influence dominante et persistante en Allemagne.