‹ LessingChapitre 197 sur 233 · Ibid, s. Ibid · texte numérisé non relu

Ibid, s. Ibid

Cette influence, subie par les auteurs et par le public, propagée par la critique, voilà ce qui irrite Lessing, et ce qui explique l'ardeur infatigable de sa polémique contre Voltaire, contre Racine et surtout contre Corneille, doublement coupable pour avoir fait des tragédies et pour avoir voulu les justifier par un système qui est une hérésie. Toute la Dramaturgie, on peut le dire, respire Tantipathie contre la tragédie française. 11 l'attaque, il la dénigre à toute occasion. C'est son del^ida Carthago.

Non seulement il la condamne, comme nous venons de le voir, dans son essence, dans son principe intérieur ; il lui reproche aussi, comme de graves défauts, la régularité monotone de sa construction, ses complications, ses coups de théâtre et surtout son respect des conventions, des bienséances et de l'étiquette ; le langage tantôt pompeux, tantôt précieux qu'elle prèle à ses personnages ; la galanterie qui chez elle remplace la vraie passion, etc.^. Il ne se borne pas à parler en son propre nom . Il recueille avec soin toutes les critiques qui à l'étranger, en France même, ont été dirigées contre la tragédie classique. C'est ainsi que la i*eprésentation du Père de famille, de Diderot, l'amène tout naturellement à reproduire les objections que Diderot fait au système dramatique qu'il se propose de renverser et de remplacer. Diderot est pour Lessing un allié précieux. Sa cause est la sienne. Aussi résume-t-il avec satisfaction le chapiJtre des Bijoux indiscrets, où la tragédie avec ses fables compliquées d'incidents, chargées d'épisodes, ses dé- Qoûments forcés, son dialogue affecté, ses tirades déclamatoires, le costume bizarre, les gestes extravagants

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