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PRÉFACE. IX

ses poésies légères^ de ses contes et de ses romans ; par rélégance de son style; par le charme et la grâce de ses peintures^ et jusque dans sa manière de reproduire l'antiquité grecque, Wieland est disciple des Français, et le nom de Voltaire allemand qu'on lui a donné montre bien quel est le modèle qu'il a imité.

Si la poésie dramatique et la poésie didactique et légère relèvent presque exclusivement de hi France et de l'antiquité olassique et païenne, la poésie lyrique, qui s'inspire de la religion, de la nature et de la vie intime de l'âme, se rattache plus particulièrement à récole suisse et par elle à l'Angleterre, à ses poètes religieux, et surtout à Milton.

Mais cette poésie demande non seulement le sentiment, mais la puissance de l'imagination. Les Suisses avaient théoriquement proclamé la suprématie de l'imagination en poésie. Mais ils n'avaient pu la donner aux nombreux et médiocres poètes sortis de leur école, qui célébraient à l'envi la religion dans leurs longues et fastidieuses épopées bibliques, et mettaient en Ters l'Ancien et le Nouveau Testament. Le sentiment même, chez eux, dégénère le plus souvent en sentimentalité trouble. Cependant l'école suisse avait produit un véritable poète, grand par l'enthousiasme religieux qui l'inspire, par l'essor puissant de sa pensée, pénétrée de l'idée divine et de la majesté des Saintes Ecritures. Mais

X •préface.

son imagination, sa faculté créatrice^ n'a pas assez de force pour donner une forme sensible et plastique à ses hautes conceptions^ à ses nobles aspirations. Néanmoins^ Faction puissante et profonde exercée sur son époque par Fauteur du Messie dt le chantre des Odes s'explique par Tintensité contagieuse du sentiment qui l'anime; par la grandeur des sujets qu'il célèbre dans ses vers et qui sont pris dans rame et dans la conscience religieuse de la nation allemande.

La poésie n'a pas encore trouvé sa forme propre ; elle cherche sa véritable voie. Tantôt, trompée par une fausse analogie avec la peinture, elle s'épuise en minutieuses et stériles descriptions qui ne sont pas poétiques et ne donnent pas l'impression des choses ; tantôt elle est asservie à la science], à la morale, à la religion : elle n'a pas sa liberté. On ne peut' pas dire d'elle ce que Schiller dit du feu, cette puissance redoutable m qui se fraie elle-même son chemin, la libre fille de la nature' ». Chez les meilleurs poètes de l'époque comme Haller, comme Ew. de Kleist, on est réduit à admii«er les qualités morales de l'homme, plus que le talent de l'artiste. Le temps de la vraie poésie et des créations originales n'est pas encore venu. Le XYin"" siècle, du moins dans sa plus grande partie, est le siècle de la critique, de la théo-

EinherlriU auf der eignen Spur,

Die frcie Toehter der .\atur. {Die Glocke.)

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