‹ LessingChapitre 206 sur 233 · Le liftre penseur (der Pre(gei*i · texte numérisé non relu

Le liftre penseur (der Pre(gei*i

9. Ces ReUungen sont aa uombro do trois, doDl deux ne touclient que des questions pou importantes d'histoiro th<SoIoglque. La plus importante et la plus intéressante est colle du phUosopbo-médecin Jérôme Cardanus, un des plus grands savants du xvj« siôcle, mais aussi un des plus bizarres esprits de son temps. Dans un de ses ouvrages il avait mis on présence les représentants des différentes religions, païenne, juive, chrétienne et mahométaiio, chacun soutenant contre les autres la supériorité de la sienne. On -accus a Cardanus d*avoir trop faiblement plaidé la cause du christianisme et donnJ Ta van (âge à ses adver^, saires. Lessing prend la défense de Cardanus et lui reproche au con-

articles du Journal de Voss de cette époque, quelquesuns ont pour objet des ouvrages de théologie^ et Lessing trouve moyen d'insister sur Timportance prépondérante, dans la religion, de Télément moral et pratique, sur rinutilité ou les inconvénients des discussions et des disputes purement dogmatiques.

Ce même point de vue ressort d'une dissertation sur la secte des frères Moraves, où Lessing défeud contre les rigueurs de Torthodoxie luthérienne, cette secte qui voulait substituer à Tétroitesse inflexible du luthéranisme dogmatique le vi*ai christianisme des temps primitifs, lequel est tout entier dai\s Tamour, la charité et les bonnes œuvres. Il s'inspire de l'esprit de cette secte, et affirme que l'homme est fait pour agir et nou pom* ergoter. Ce sera aussi l'idée dominante et la conclusion de la grande polémique de ses dernières années, qu'il réalisera poétiquement et dramatiquement dans son Nathan le Sage.

Dans la seconde période de son séjour de Berlin, au milieu de ses multiples travaux de critique et de production littéraire et théâtrale, plusieurs dissertations prouvent que les questions religieuses le préoccupent encore. Quelques fragments datent de cette époque: le Christianisme de la raison (das Ckristenlhum der Veriiunfl^)j inachevé, où Lessing cherche à démontrer

traire de u'avoir pas fuit valoir loua lus arguments en favour du mahomélisroe. Il reprend alors la quesiiou pour son compte. Nous voyons là en germo Nathan le Sage,

1. Ce fragment et les suivants, qui datent de 176S-1760, n'ont pas été publiés du vivant de Lessing. Ils ont paru dans les œuvres poslhumea {Nae/iltui) publiées par sou frère (1784). Ils sont réunis avec tous les écrits tliéologiques do Lessing dans i édition Horopel, vol. 16-18, avec des in'roduclious de Chr. Gross.

philosophiquement, par des arguments rationnels, le dogme de la Irinité *.

C'est un jeu dialectique comme pourrait en faire un disciple de Hegel, mais non Teffort sincère d'une nature croyante pour pénétrer un des plus profonds mystères du dogme chrétien.

Un autre fragment très court, qui date de la même époque, sur VOrigine de la religion révélée (Ueber die Entstehung der geofjfenharten Religion)^ montre que Lessing était alors, en matière religieuse, sous Tinfluence du rationalisme berlinois, du parti des lumières y dont les chefs étaient ses amis. Selon lui, les religions révélées, et toutes prétendent Tétre, ne sont que des formes d'une seule et même religion naturelle et primitiye, nécessaire à tous les hommes, mais adaptée par d'habiles politiques aux mœurs, à la constitution de chaque société particulière. On a tiré de la religion naturelle une religion positive, comme du droit naturel on a tiré le droit positif.

Toute religion positive contient donc une partie es- S3ntielle, et une partie conventionnelle, de création humaine. Mais cette partie conventionnelle et humaine a été néanmoins imposée par l'autorité du fondateur de la religion, comme divine et révélée indirectement aux hommes, aussi bien que la partie essentielle, naturelle et révélée directement par la raison à la conscience de chacun. Toutes les religions sont également vraies, également fausses ; vraies par la part de religion naturelle qu'elles contiennent ; fausses par ce que les hommes y ont ajouté, et qui tend à affaiblir et à étouffer

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