‹ LessingChapitre 21 sur 233 · CEuvreê, vol. 4, p · texte numérisé non relu

CEuvreê, vol. 4, p

s. Briefe 20. Œuvres, vol. 6, p. 95.

nature sympathique à la sienne, et l'on peut entrevoir déjà que Diderot sera pour quelque chose dans le déve* loppement ultérieur de ses idées*.

La Lettre de Diderot a été provoquée par Batteux. Lessing prend prétexte de là, pour vanter Touvrage de Testhéticien français, très connu et répandu en Allemagne : Les beatix-arts réduits à un setd principe ; et ce principe : l'imitation de la belle nature, lui paraît « on ne peut plus favorable pour tous ceux qui possèdent un vrai génie pour les arts, car il les délivre de beaucoup de doutes inutiles, et les soumet aune seule loi absolue qui, une fois bien comprise, contient le principe, le but et l'explication de toutes les autres* » . Ce principe a en outre, aux yeux de Lessing, l'avantage d'être pris dans l'expérience de l'art, el de n'être pas établi a priori, ou déduit logiquement de quelque principe antérieur arbitrairement posé, Helon la méthode des théoriciens abstraits de l'école de Wolf. L'esthétique purement théorique et déductive n'est pas son fait. « Que penserait-on d'un cordonnier qui voudrait inculquer à son apprenti toutes les pratiques de son art, en les déduisant de la définition de son métier : Toute chaussure doit aller au pied pour lequel elle est faite. Le plus bête des apprentis répondra : cela s'entend de soi. »

J.- J . Rousseau, à propos de son discours couronné par l'Académie de Dijon, trouve dans Lessing, non pas un défenseur de sa doctrine (au contraire, il la réfute

1. Voy. sur Diderot et Lessing : Criliq%ie £9théiique, ch. I; et Critf» que dramalique, ch. tV ot cb. V.

S. Vol. 4, p. 414. Lessing ajoute, il est vrai, ■ que ce principe est déjà dans Aristote et dans Horace, mais coux-ci le supposent accepté pur le

lecteur et ne le démontrent pas ».

avec bonheur), mais un appréciateur sympathique de son caractère et de ses intentions. Il constate « qu'on éprouTB je ne sais quel secret respect, pour un homme qui plaide la cause de la vertu contre tous les préjugés consacrés, même lorsqu'il va trop loin ». Il souhaite « que la France ait beaucoup de prédicateurs comme lui»*.

Une traduction des *Essais de Montaigne l'amène à dire que, « les Essais de Montaigne sont un des plu^ anciens et des plus beaux livres français, et qu'on peut dire, dans la stricte acception des mots, qu'on n'a rien lu de beau d'un Français, si on n'a pas lu Montaigne' ». Une traduction des Caractères de Labruyère lui inspire ce jugement:* c Labruyère est un des auteurs les plus difficiles à biçn traduire. Ses pensées sont fines, et fine aussi est l'expression qu'il leur donne. Cette finesse, et les nuances délicates de ses peintures morales, exigent un travail très soigné et le plus habile traducteur les voit souvent s'évanouir sous sa plume*. »

La poésie légère et anacréon tique, où Lessing s'est exercé lui-môme,^ lui est plus $ympathique que la poésie biblique et mystique, et à ce titre les poètes français, qui ont surtout excellé dans ce genre, ont droit à ses éloges. « Ainsi, l'abbé de Bernis, dit-il, est un des plus aimables poètes français. Dans ses poésies, il est sage sans effort, brillant sans faux éclat. Ses vers sont les enfants de la nature. Ils coulent avec la plus noble simplicité. Rien n'y est forcé, toutes les beautés, même les règles de l'art, paraissent s'y être insérées

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