‹ LessingChapitre 211 sur 233 · X. Leibniz von den ewigen Strafen · texte numérisé non relu

X. Leibniz von den ewigen Strafen

recherche dans les matières de foi, et des adversaires plus ou moins déguisés du christianisme, qui, tout en affectant de le respecter, en réalité le minent ou le faussent, en l'absorbant dans la philosophie ou dans la morale pure. Lessing lui-même explique très franchement son attitude vis-à-vis des deux partis qui dominaient alors le monde religieux en Allemagne.

c Que m'importeut à moi les orthodoxes? écrit-il à son frère Karl, qui craignait que par ses récentes publications il ne voulût leur faire la cour ; je les méprise autant que toi. Mais je méprise encore davantage nos théologiens à la mode, qui sont beaucoup trop peu théologiens, et de longtemps pas assez philosophes *. »

Ailleurs encore, dans ime longue lettre au même, il se défend vivement contre le soupçon d'être hostile à Témancipation religieuse des intelligences. Mais il demande qu'on le laisse agir à sa guise. Il ne veut pas « qu'on verae l'eau sale, dont depuis longtemps on ne peut plus se servir, avant qu'on sache où l'on en trouvera d'autre qui soit pure, poiur n'être pas exposé à baigner l'enfant dans le purin » . « Notre vieux système religieux est faux, j'en conviens. Pourtant je ne dirai pas que c'est un rapiéçage fait par des maladroits et des demi-philosophes. Au contraire, je ne connais rien au monde où se soit montrée davantage la sagacité humaine. Et cependant lu me reproches de le défendre! La maison de mon voisin menace ruine. Si mon voisin

1. Ces prétendus philosophes de Técole berllaoise lui foal prendre en grippe Berlin lui-môme. Il écrit à Nieolaï (25 août 1769): « Ne me parlez pas de voire liberté berlinoise de penser et d*écrire. Elle se réduit à la faculté de débiter toutes les sottises imaginables contre U religion. C*est une liberté dont an honnête homme ne saurait user sans rougir. »

veut la démolir, je lui aiderai volontiers. Mais il ne veut pas la démolir ; il veut Télayer, la sous-bâtir, au risque de ruiner la mienne. Qu'il s'en garde bien, autrement je prendrai soin de sa maison chancelante, comme de la mienne '. »

D'autres passages de sa correspondance sont dans le même sens.

Dans le grand débat qui va s'ouvrir, Lessing combattra l'orthodoxie luthérienne dans ses prétentions insoutenables, mais non le christianisme lui-même. Aii contraire, tous ses eiTorts tendront à en déterminer lé véritable caractère ; à montrer où est sa force, sa beauté, son efficacité ; à le dégager de tous les éléments qui en altèrent l'essence et la pureté.

L'occasion de ce débat, provoquée par Lessing, c'est la publication faite par lui, dans les fascicules (Beitràge) de la bibliothèque de Wolfenbùttel, de plusieurs fragments d'un ouvrage du défunt professeur Samuel Reimarus, de Hambourg, intitulé : Plaidoyer en faveur des fidoratew'S de Dieu selon la raison {Schulzschrift fur die vernunftigen Verehrer Gotles^), L'auteur l'avait écrit pour lui-même, pour satisfaire sa raison. Mais, crainte de faire du scandale, d'inquiéter les consciences mal prépai*ées, il ne voulut pas qu'il fût publié de son vivant, Lessing, pendant son séjour à Hambourg, ne connut pas Reimarus, déjà mort. Mais il s'était lié dvec son ûls, le D' Reimarus et sa sœur Élise, femme de grand esprit et

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