‹ LessingChapitre 226 sur 233 · Ibid,, p · texte numérisé non relu

Ibid,, p

S. Ibid., p. 49.

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sohQ iùi prêt, et publia intégralement et in extenso son entretien avec Leasing, et la correspondance entre lui et Mendelssohn à ce sujet.

Celui-ci fut vivement affecté et blessé de cette publication, qui devait rester provisoirement entre eux, et pour laquelle on n'avait pas demandé son autorisation. Il ne lui restait qu'à prendre en main la défense de Lessing et de sa mémoire compromise à ses yeux par cette accusation de spinozisme. Il le fit dans son livre intitulé : Heures matinales (Margenstunden)^ où il fait en même temps Tapologie de Nathan le Sage ; et dans un écrit intitulé: Aux amis de Lessing (an die Freunde Lessing's)j où il essaye de prouver que le spinozisme de Lessing est un spinozisme atténué, inoffensif, nullement hostile aux principes d'une saine philosophie ^

Le monde philosophique s'émut. Les uns prirent parti pour Jacobi, les autres pour Mendelssohn. Des controverses passionnées s'engagèrent ; et de nos jours encore, tous les historiens de la philosophie, tous les biographes de liOssing, ont cherché à fixer le véritable sens de sa profession de foi spinoziste, et à déterminer sous quel drapeau il convient de le ranger : sous celui de Spinoza ou celui de Leibniz ; car ses écrits prouvent qu'il a des affinités avec l'un et avec l'autre. Il s'agit d'établir vers lequel il incline davantage.

Sans parler des déclarations expresses de Lessing, dans son entretien avec Jacobi, on trouve chez lui des traces visibles de spinozisme. Ainsi dans un fragment: le Christianisme de la raison (das Christenthum der Ver-

1. Mendelssohn, très alTeclé du brait qui 8*élail fait autour du Dom ol do la mémoire de Leasing, eu ressentit un contre-coup qui abrogea sa vie. Il mourut à peine son livre aciievé.

nunfl)j dont nous avons déjà donné une analyse sommaire, il essaie d'expliquer philosophiquement le dogme de la Trînitéy et donne son idée sur les rapports de Dieu et du monde : Concevoix, vouloir et créer sont pour Dieu une seule et même chose, un acte unique. Toute pensée de Dieu est une création ; tout ce qu'il pense, c'est-à-dire l'ensemble des choses, est donc aussi réel que lui-même. La création est comme un dédoublement de son propre être; le monde est Dieu, l'infini et le fini sont donc indissolublement unis ^

Cette conception des rapports de Dieu et du monde, sans être absolument conforme à la pensée de Spinoza, — car pour lui les choses réelles constituent l'intelligence divine, tandis que pour Lessing elles ne sont que l'objet de la pensée divine, et impliquent par conséquent ■une certaine distinction, — cette conception s'en rapproche cependant, autant qu'elle s'éloigne de l'idée du Dieu personnel et extra - mondain de la philosophie théiste et wolfienne. Dans un autre fragment : De la Réalité des choses hors de Dieu (ûber die Wirldichkeit der Dinge ausser Gott)^ Lessing établit encore que toutes choses existent réellement en Dieu, et non pas hors de lui. c Les idées que Dieu a des choses sont ces choses mêmes. » Il ajoute cependant que « ces choses sont tout de même distinctes de Dieu, et leur réalité n'est rien moins que nécessaire, parce qu'elles sont en Dieu ' », ce qui non plus ne s'accorde tout à fait avec la doctrine spinoziste, où tout est gouverné par une loi d'absolue et immuable nécessité. Néanmoins il faut y reconnaître

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