Zur GeichiclUe und Philosqphie in DeuUc.'iiand. 8. Buch
2. Lessing s*eat expliquu lui-môme sur sou slyle dans VAnli-Gôze. Voy. 4« parUe, chap. I®*.
$. De l'AUemagne, clmp. IV.
poursuivre iudé&uiment, et de sentir dans cet effort incessant se développer et se fortifier ses facultés.
Sa gloire est d'avoir remué des idées, posé des principes, soulevé des pi*oblèmes, ouvert des perspectives nouvelles, plutôt que d'avoir donné des solutions définitives et des théories achevées.
Sa critique, analytique et raisonneuse, est négative et destructive à Tégard du passé, bien plus qu'elle n'est positive et dogmatique au regard de l'avenir. Et cependant, cet avenir il Ta préparé, il Ta annoncé. Si par la partie la plus considérable de son œuvre, Lessing appartient au xviii' siècle, dont il repi-ésente phis complètement et plus franchement qu'aucun autre penseur Tesprit et les tendances, d'autre part il dépasse son siècle, et par certains côtés appartient déjà au nôtre. Tout le gi'and mouvement d'idées et de prodiTCtîons originales qui marque la période classique de la littérature allemande : le développement de la poésie par le sentiment de la nature et Tinspiration lyrique ; le drame historique et shakespearien, avec son puissant pathétique, sa langue passionnée, ses sublimes envolées; les accroissements de la critique littéraii'e et esthétique, du côté de Thistoire, de la psychologie, de la science des langues ; les travaux approfondis de la théologie et de l'exégèse biblique ; la grande évolution métaphysique ; tous ces progrès sont dus sans doute à un autre esprit, à une autre méthode que celle de Lessing ; non plus à l'analyse, au raisonnement abstrait, mais au sens historique, à la science plus complète des faits, à l'étude des origines et des évolutions si^pcessives de l'humanité; au sentiment de Tunité et de l'harmonie universelles. Néanmoins, c'est aux principes, aux théories établies par
Lessing ; aux discussions fécondes et suggestives du Laocoon, de Itf Dramaturgie ; à ses écrits théologiques et philosophiques; à son admiration de Shakespeare; à sa sympathie pour Spinoza, que se rattachent en définitive tous ces changements, tout ce puissant renouvellement d'idées. On a dépassé Lessing et de beaucoup ; mais en suivant les voies tracées par lui. Tous ceux qui représentent ces directions nouvelles, dans la critique, dans le drame, dans la théologie et la philosophie religieuse : Herder, Schiller, Gœthe, Schleiennacher, et leurs successeurs, ont reçu son impulsion, et se sont inspirés de ses idées. Us ne détruisent pas son œuvre; ils la continuent.
Si aujourd'hui encore, après plus d'un siècle, le nom de Lessing est toujours vivant dans la mémoire et dans l'admiration de sa nation, ce n'est pas seulement parce que ce nom est celui d'un grand critique, d'un grand écrivain ; mais parce que cet écrivain^ ce critique, est un caractère, un homme, un haut exemple de patriotisme intellectuel, d'énergie combattive, de dévoûment infatigable et désintéressé à la cause de la vérité, de la liberté, de l'émancipation intellectuelle et religieuse.
Sa vie n'a été qu'une longue lutte, non seulement contre l'erreur, contre la routine, contre l'esclavage des intelligences et des consciences, mais contre les difficultés de l'exiçtence, contre la mauvaise fortune, contre la gène qui l'a tommenté pendant toute la durée de sa vie errante; contre tous les obstades que rencontrait sur son chemin, en Allemagne, un écrivain ijidépeudant eè fier, qui répugnait à toute servitude officielle, et qui ne trouvait de point d'appui solide, ni dans le public indifférent ou ignorant, divisé en castes étran-
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gères les uues aux autres ; ni dans la protection incertaine et capricieuse des princes. *
En dépit de toutes ces déceptions, de toutes ces' résistances, et malgré des moments de lassitude et de dégoât, Lessinga continué sa route et accompli son œuvre, avec un courage et ime persévérance infatigables, opposant aux rigueurs et aux injustices du sort la calme et ironique résignation du philosophe, et cette gatté InsouciaDta qui est la marque et Tapanage des fortes et viriles natures. Par sa vie et par son cai-actere, Lessing est un haut exemple, une leçon vivante et réconfortante, dont une nation a toujours besoin, pour stimuler son énergie* sa confiance et sa foi en elle-même, et pour entretenir en même temps, chez elle, le culte désintéressé de la vérité, le respect des droits de la raison et de la conscience, la religion de la tolérance et de rhumanité. Le plus grand poète et, avec Lessing, le plus grand critique de TAllemagne, Gœthe, a dit, vers la fin de sa vie : c Un homme cx)mme Lessing nous manque. Car pourquoi est- il si grand, sinon par son caractère et son énergique constance {sein Festhaltm)? Des hommes intelligents et distingués comme lui, ily enaplusd^uo. Mais où trouve-t-on un caractère conmie le sien*? »
Pendant la période romantique, où la raison et le bon s 3ns n'étaient guère en honneur ; où régnait Tabsolutisin^ de Timagination et de la fantaisie individuelle, suiri bientôt de Tabsolutisme politique et de la réaction religieuse et mystique, Lessing était peu goûté, mal jugé^ enveloppé dans le dédain qu'on professait pour Tesprit, les tendances et les doctrines du xviii* siècle. Mmis, ea