‹ LessingChapitre 28 sur 233 · Lettre l · texte numérisé non relu

Lettre l

LlwUiek,*que le théâtre allemand ne doive en grande partie ses premiers progrès à M. le professeur Gottsched ? — Je suis ce quelqu'un, répond courageusement Lessing^ » Non seulement il n'estime d'aucun prix les efforts de Gottsched pour relever le théâtre allemand du misérable état où il se trouvait. Il fait plus, il l'accuse d'avoir gâté le goAt du public, d*avoir détourné l'art dramatique national de sa voie naturelle, arrêté ses progrès, compromis son avenir, en introduisant sur la scène allemande et en proposant pour modèle, le répertoire classique français. Â ses yeux cette tentative n'est que la prétention outrecuidante d'un auteur médiocre de se poser en créateur d'un nouveau théâtre, lui dont la moins mauvaise pièce, le Coton mouraiU, < est faite avec de la colle et des ciseaux » (mil Kleister und Scheerey.

Les vrais modèles du théâtre allemand, ce n'est pas en France, c'est en Angleterre que Gottsched- aurait d A les chercher*, c Nos vieilles pièces allemandes auraient dû lui faire comprendre que notre goût nous porte de préférence vers le théâtre anglais, plutôt que vers le théâtre français ; que nous voulons, dans une tragédie, voir et penser, plus que les timides tragédies françaises

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