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1ère et des injures que le professeur iiritô lance dans un de ses journaux périodiques contre < cet impertinent personnage qui ose traiter avec tant d'iiTévôrence un homme comme lui » . Lessing a sans doute raison de trouver parfaitement ridicules cet emportement et ces menaces de son Excellence académique. Mais a-t-il également raison poiir le fond; et cette critiquaqu'ilafaite sienne, Ta-t-il justifiée? en a-t-il contrôlé, démontré la justesse? Ne savait-il donc pas que son auteur, étant de Lunebourg, appartenait à la Basse-Allemagne, et qu'il y avait toujours encore antagonisme entre le hautallemand, dont faisait partie Tidiome saxon, défendu par Gottsched, et le bas - allemand ; que ce dernier disputait au premier la suprématie, et que par conséquent une granmiaire établissant cette suprématie , devait être, par cela môme , mal accueillie dans le camp opposé.

Cette grammaire 'de Gottsched, d'ailleurs, n'était pas sans mérite. Les sept éditions successives qu'elle a eues, le prouvent. Pendant longtemps elle a servi à l'instruction de la jeunesse allemande. Elle a été traduite en français, et encore dans les premières années de ce siècle on n'en connaissait pas de meilleure.

Mais, quoi qu'il en soit du mérite relatif de la grammaire de Gottsched, la réforme de la langue, telle que l'entendait et surtout telle que la pratiquait son auteur, ne pouvait avoir l'approbation de Lessing. Préoccupé avant tout de façonner la langue allemande aux élégances, aux grâces qu'il admirait chez les écrivains français, Gottsched avait rompu avec les traditions du passé, et, du haut-allemand, devenu de plus en plus la langue définitive et nationale, il avait tiré comme un ex-

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tiait, comme une quintessence d'expressions choisies, élégantes, bienséantes. Il en avait élagué tous les termes bas et vulgaires, tous les provincialismes < comme on sépare le froment de la paille » . Il avait formé ainsi une langue de choix et de convention, à lusage des beaux esprits et des lettrés, langue claire, élégante et correcte, mais terne, Incolore, sans force, sans originalité, sans saveur propre, et qui néanmoins, dans sa vaniteuse illusion de réformateur, devait sufKre à tous les besoins, être Forgane épuré du bon sens, des idées raisonnables, de la saine logique, en un mot, la véritable langue littéraire de TAUemagne. Cette afTectatlon d'élégance et de correction, ce purisme dédaigneux, ce soin pédantesque d'écarter toute expression hardie et pittoresque, familière ou populaire, ne pouvaient aboutir qu'à appauvrir, à dessécher, à émasculer l'idiome national, et devaient répugner profondément à Lessing, qui voulait, au contraire, l'enrichir et le fortifier par d'intelligents emprunts faits aux dialectes provinciaiix, au parler populaire. Sur ce point il est d'accord avec les Suisses auxquels Gottsched et les Saxons reprochaient l'incorrection, l'obscurité de leur langage ; mais qui avaient sur eux l'avantage de l'énergie, d'une certaine originalité de style, d'un voc/abulaire plus riche et plus varié. Sous la domination pédantesquement académique et puriste de Gottsched, la langue allemande, toute proportion gardée, souffrait des mêmes défauts que Fénelon, dans sa Lettre à l'Académie, reproche à la langue de son temps ^ Il conseille aussi de la retremper aux sources populaires. Lessing

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