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sigues et morales, pour former l'homme complet, l'exemplaire parfait de rhmnaiiité, au point de vue moral et esthétique, en un mot ce que les Grecs appelaient xaXcxayaOïa. A leur exemple il yeut qu'on nourrisse l'enfance des vers d'Homère et des poètes qui, comme lui, étaient les vrais précepteurs de vertu et de sagesse.
Dans ce système de Wieland, œuvre d'imagination et de théorie aventureuse, rien ne plaît à Lessing. Il n'y trouve que des erreurs. D'abord il ne partage pas son opinion sur l'efficacité de l'étude d'Homère, pour l'enseignement et l'éducation de la jeunesse, attendu qu'Homère, même chez les Grecs, n'a pas été compris de tout le monde, < de même que Klopstock n'est pas compris de tous les Allemands ». On y a trouvé tout ce qu'on a voulu, et les ennemis de Socrate ont pu l'accuser d'en avoir tiré pour corrompre la jeunesse, des leçons d'injustice et d'immoralité. Quant à la philosophie, que Wieland regarde comme la partie essentielle de l'éducation chez les Grecs, cette philosophie n'était pas du tout celle qui enseigne la vraie sagesse, mais une philosophie exotérique, auxiliaire de la rhétorique, en xm mot, la philosophie des sophistes.
Cette éducation grecque, où s'unissent la vertu et la beauté, cette xaXoxayaOïa vantée par Wieland, n'est pas ce qu'il croit. Le >caXoxâYaôoî n'est pas ce type idéal de perfection, ce virtuose qui pratique la vertu comme un art, avec désintéressement, pour le plaisir esthétique ; c'est tout simplement, et un passage du Theagès de Platon semble le prouver, xm homme agi^éable et bon {ein hùbscher guter Mann). Lessing ne paratt pas être ici dans le vrai. Plus d'ime fois .(dans le Laocoon, par
exemple) ' il accommode rantiqalté à ses propres idées, comme le font volontiers les philosophes du xviii* siècle. Wieland, d'accord sur ces questions avec Shaftesbury , avec Herder, Ta mieux sentie et comprise.
D'autres objections adressées au système pédagogique proposé par Wieland, sont plus justes et d'un intérêt encore actuel et durable. Ainsi quand il demande qu'on débute dans l'enseignement par l'exposé historique de chaque science, Lessing lui prouve qu'il méconnatt un des principes essentiels de la vraie pédagogie, qui est d'exercer avant tout chez les enfants, non la mémoire, mais la réflexion et le jugement, l'habitude de penser par eux-mêmes. Cette connaissance historique (il ne s'agit pas, bien entendu, de l'histoire proprement dite, ni des sciences, comme l'histoire naturelle, qui portent sur des faits que la réflexion ne peut pas nous donner) est inutile et même nuisible au développement des jeunes intelligences. Rien d'ailleurs n*est plus contraire à cette méthode socratique, dont Wieland recommande l'usage, que de vouloir éviter dans l'enseignement les raisonnements abstraits, les définitions, avant que les élèves n'aient atteint leur maturité. Car c'est précisément par le raisonnement, provoqué par un habile procédé d'interrogation, que Socrate donne à ses disciples la connaissance rationnelle et scientifique des choses. Lessing dit fort justement que, s'il fallait attendre la matiurité des élèves, pour les habituer à raisonner et à réfléchir, cette maturité risquerait fort de ne jamais arriver. Mais Wieland de son côté n'a pas tout à fait tort non plus, de vouloir qu'on applique tout