Voy. W partie, chap. I
d'abord l'esprit des enfants aux réalités concrètes, avant de les exercer aux abstractions ; de mettre les leçons de choses avant les leçons d'idées. C'était là une tendance nouvelle et heureuse de la pédagogie du XVIII* siècle, une réaction contre la méthode d'enseignement pédantesque «t scolastique des siècles précédents.
La religion tient naturellement sa place dans le système d'éducation de Wieland, qui, pour être disciple des Grecs, n'a pas cessé d'être chrétien. Mais Lessingse défie de la religiosité de Wieland. « La religion, M. Wieland Fa toujours sur les lèvres. On se vante souvent d'avoir ce qu'on n'a pas, pour pai*aître l'avoir ^ » Lessing déteste les mélanges équivoques, les compromis douteux. Il veut que chaque chose soit et reste à sa place, ne soit confondue avec aucune autre. Aussi n'approuve-t-il pas l'enseignement religieux tel que l'entend Wieland, où le dogme et la morale, ordinairement enseignés séparément, sont confondus. Que dans la pratique on ne les sépare pas, Lessing le veut aussi ; car pour lui la pratique est la chose essentielle, et personne plus que lui, dans ses polémiques religieuses, n'a protesté contre cette confusion commode, qui dispense de l'action ceux qui se vantent d'avoir la foi*. Mais les confondre dans l'enseignement, c'est, en réalité, absorber la religion dans la morale, comme voudi*ait le faire une certaine école théologique, que Lessing a toujours combattue, et avec laquelle nous le verrons tout à l'heure aux prises.