XII PRÉFACE
Evangiles, combat le despotisme de Torthodoxie luthérienne, déjà battue en brèche par la secte piétiste et par les philosophes déistes, français et anglais.
Les lois et les règles de la poésie, la nature et les caractères du Beau, sont Tobjet de nombreuses investigations. On traduit, on commente les écrits de Dubos, de Batteux, de Shaftesbury, de Burke, de Home, de Richardson. Un élève de Wolf, Baumgarten, à Halle, systématise ces recherches, leur applique la méthode logique et démonstrative du maître, et fonde la science du Beau : l'Esthétique, science encore purement abstraite et formelle, qui relègue le Beau dans les régions inférieures de Tâme, sans rapport avec la nature et Tart*. Mais, devenue une dépendance, une province de la Philosophie, cette science nouvelle la suivra dans tous ses développements et profitera de tous ses progrès.
Cependant à ces essais, à ces théories, qui se multiplient, manque le complément nécessaire : la connaissance des œuvres d'art, des modèles antiques. Celui qui révéla à l'Allemagne et à une partie de l'Europe les chefs-d'œuvre de la sculpture grecque, ce fut Winkelmann, le Christophe Colomb de ce monde nouveau, comme l'appelle Goethe. Par son œuvre capitale, VHistoire de l'Art de l' Antiquité,
1. SoD disciple Mêler a exposé en allemand et popularisé VBsthéii^ que de Baumgarten, écrile en latin : Anfangngrumle aller Sefionen WiëêCHêchaften. Huile, 1764.