‹ LessingChapitre 43 sur 233 · Loltre · texte numérisé non relu

Loltre

lout, pour décliner avec une pieuse modestie toute discussion sur ces matières ; oh t alors, vous êtes un excellent chrétien et théologien aussi irréprochable que peut le désirer le beau monde religieux V »

Précisément, cette thèse, qu'on ne saurait être honnête homtne sans religion, avait été soutenue dans le Censeur, par son rédacteur principal Cramer, que Lessing prend vivement à partie. C'est la question de la morale indépendante, souvent et récemment encore controversée, toujours pendante. Mais Lessing ne la discute pas en elle-même; il discute seulement l'argumentation de son adversaire. Il fait ici œuvre de logicien et non de théologien. 11 prouve à Cramer que son raisonnement repose sur une équivoque de mots, puisqu'il emploie le mot religion successivement dans des acceptions différentes. D'abord il entend par un homme sans religion, un homme qui ne croit pas à la religion révélée, qui n'est pas chrétien. Ensuite, il entend par là, un homme qui n'a pas de religion du tout, pas même la religion naturelle •, qui ne croit à rien, et n'a par conséquent aucune notion des désirs qui découlent de l'idée de la divinité. Cramer, comme s'il sentait l'insuffisance de cette preuve, en ajoute une autre, mais plus faible encore que la première : « Tout homme subit l'assaut des passions : de l'égoïsme, de la colère, de la jalousie, de la volupté, de la vengeance, de l'orgueil. Quelle garantie avons-nous qu'un homme quia renoncé à toute religion, aux récompenses et aux châtiments de la vie future ; qui ne reconnaît pas les arrêts de la justice divine; quelle gai^antie avons-nous qu'un tel

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