‹ LessingChapitre 56 sur 233 · Œuvres, vol. 20, p · texte numérisé non relu

Œuvres, vol. 20, p

S.'Fomld en 174H et qui, p.iraU-iU subsîslo encore.

8 Rjmlor, CEnvres, vol. to, p. 194.

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bleaux de mattras. Il discute théologie avec le rècieur Leuschner; il fréquente Arletius, l'érùdit recteur de Técole de Sainte-Elisabeth; même il ne dédaigne pas la société d'un professeur Straube, ancien disciple et collaboiateur de Gottscbed, une des victimes de sou impitoyable critique \ Enfin 11 ne négligeait pas le théâtre où les farces d'Hanswurst Tattiraient plus que les pièces régulières, même les siennes. En définitive, les années de Breslau, si affairées, si dissipées, perdues en apparence pour la littérature, sont en réalité l'époque la plus féconde, l'époque décisive, pendant laquelle Les* sing prépare et en partie exécute ses œuvres les plus importantes, celles où apparaissent la maturité et l'originalité de son génie réformateur, dans les différentes directions où il s'est déployé*. Les relations, les occupations, les distractions même de ces années n'y ont pas été inutiles.

D'abord la vie militaire dont il partage à la fois les travaux et les plaisirs, fomnit à son observation les traits dont il composera les figures principales de sa Minna de

1. Voy. Briefè die neuette LUeraiur betreffend. Lettre 17« 8. Le philosophe Fichte, dans un écrit polémique dirigé coatre Nicolai, parle de Lessing et constale que Tépoque où « Tesprlt de Leasing 9*.ilIirmo et prend sa forme définitive, coïncide avec son séjour à B/eslau. C*ost alors que son esprit, au milieu d'occupations administratives qui lui sont absolument étrangères, et qui chei lui ne font que glisser sur la surface, se recueille en lui-même, pousse ses racines à l'intérieur. Dés ce moment, on peut signaler chex lui un effort constant en profondeur et vers ce qu'il y a d'essentiel dans le savoir bumain. » (NicolaVs Lêbenundtondlerbare Meinungen. 1801. j Cité par Donzel. — Lossing lui-même, relevant d'une assez sérieuse maladie, écrit à Ramier (avant 1764) : « L'époque sérieuse de ma vie approche ; je commence à devenir un homme, et je me flatte qu'avec cette fièvre chaude, j'ai usé le reste de mes folies de jeunesse. ■ {CEavret, voL to, p. 2SS.)

Bat^nhelm,' Isl première pièce vraiment originale, prise sur le yif des mœurs et des cai*actères allemands et qui délivrera la scène nationale de rimitation tfop servile du théâtre étranger.

Ensuite il réunit et coordonne les matériaux de son Laocoon, qui fixe à la poésie son domaine, ses limites, ses lois et ses droits.

Enfin, toujours pendant son séjour à Breslau, il étudie Spinoza et, reprenant ses études théologiques, il s'enfonce dans la lecture des Pères de la primitive Église chrétienne. Il prépare ses armes et ses munitions de guerre pour sa lutte contre le luthéranisme intolérant et fanatique du pasteur Gœtze, sa dernière campagne, qui couronnera l'œuvre de réforme littéraire et d'émancipation intellectuelle à laquelle il a voué sa vie.

Nous parlerons plus tard des œuvres de critique et de polémique religieuse qui termineront la carrière de Lessing. Minna de Bamhelm trouvera sa place après la Dramaturgie, quand nous mettrons les œuvres dramatiques de Lessing en présence de ses théories.

C'est le Laocoon qui va maintenant nous occuper. Lessing nous donne dans cet ouvrage ses vues, ses réflexions, ses théories sur les arts plastiques et sur la poésie, sur les différences qui les distinguent et les limites qui les séparent V Toutes ces questions relatives aux beaux-arts, à leur nature, à leur objet, aux facultés

1. Dans ce chapitre, nous avons mis à profit, outre les ouvrages déjà mentionnés, le commentaire très considcrablu, trôs étendu, de Hugo Blùmner : « Le$iing'ê Laocoon, zweite Auftage (Berlin, Weidmann, 1880), où Tauleur a réuni, avec une science ut une patience remartjuables, toutes les explications, tous les renseignements esthétiques, historiques, bibliographiques, qui peuvent servir à éclairer daûs toutes ses parties Tœuvro de Lessing.

de rame auxquelles ils se lattachent, à l'idée du Beau dont ils sont rexprêssion, sont devenues depuis le XVIII* siècle une partie essentielle et intégrante, un domaine important de la philosophie, une science nouvelle qm s'appellera l'Esthétique. Elles ne sont plus reléguées comme autrefois dans les traités techniques ; elles ne préoccupent plus seulement quelques artistes supérieur qui réfléchissent sur leur art. Elles sont étudiées, discutées par les philosophes, par les littéra* Vmrsj par les amateurs d'art, en France, en Angleterre, en Allemagne. On voit se produii*e de toutes parts, tantôt des systèmes, des dissertations dogmatiques, tantôt des essais légers, des observations et des réflexions détachées, sur tel ou tel point spécial,

Lessing, dont la curiosité, toujours en éveil et en arrêt, se portait sur toutes les parties du monde intellectuel ; lui qui s'occupait de tout ce qui pouvait nourrir, féconder, exercer son intelligence, donner matière à réflexion et à discussion, Lessing ne pouvait rester indifférent à ces questions nouvelles qui étaient à l'ordre du jour de la critique et de la philosophie.

Déjà par ses fortes études classiques à Leipzig, sous Emesti et Christ, il avait été initié, quoique superficiellement encore, à la connaissance de l'art antique. A toutes les époques de sa vie de littérateur et de critique, nous le voyons qui s'intéresse aux questions d'esthétique et d'archéologie. Il étudie toutes les publications importantes sur ces matières. Il amasse sans cesse des faits, des idées, qu'il féconde par ses propres réflexions. Il écrit une préface pour la traduction de louvrage célèbre de l'Anglais Hogarth : Analysis of Beauly, par sou ami Mylius, et plus tard une recension du même ou-

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vrage dans la Gazette de Yoss. Il se propose de tradiiii*e l'ouvragé de Burke : A Philosophiçal inquiry into the origin of our ideas of the SvJblime and BeauUful. Et non seulement il veut traduire, mais ajouter à sa traduction toutes sortes d'ôlucubrations personnelles^ (verschiedefie eigeiie Gritteny.

Il est un de ceux qu'intéresse le plus vivement l'opuscule révélateur et suggestif de Winkelmann : Gedanken ùber die Nachahmwng der griechischen Werke in der Malerei und BUdhauerkunst, paru en 1755, et auquel le Laocoon doit sinon son existence, du moins son titre et son point de départ. Ces problèmes d'art et d'esthétique sont aussi le sujet habituel des entretiens de Lessing avec ses amis de Berlin, avec Mendelssohn et Nicolaî, et nous en trouvons des traces fréquentes dans leur correspondance. Ils ont en quelque sorte collaboré, le premier surtout, au Laocoon. Leurs observations et leurs critiques n'ont pas été inutiles à Lessing.

C'est pendant le séjour de Breslau que ces problèmes le préoccupent particulièrement. Les idées, les réflexions amassées depuis longtemps, fermentent dans sa tête et tendent à prendre corps. Il écrit plusieurs dissertations qui ont pour objet la poésie, les arts plastiques et leurs rapports, mais qui sont sans lien, sans unité systématique, et qu'il se propose d'abord d'intituler: ïlermxa (trouvailles faites par hasard).

Il emporte ces fragments à Berlin, où il revient en

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