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Chap. II

Par la nature même des moyens d'expression dont se sei*vent les arts plastiques : la pierre, le marbre pour la sculpture, le dessin et la couleur pour la peinture, Tar* liste, en représentant une action, quelle qu'elle soit, u'en peut fixer dans le marbre ou sur la toile, qu'un seul moment, dans lequel il immobilise cette action complexe qui, dans la réalité, se développe sous nos yeux dans la succession des phases diverses qui la constituent.

< Mais si Tartiste ne peut saisir qu'un seul moment de la réalité toujours changeante, et si le peintre, en particulier, ne peut saisir ce moment qu'à un seul point de vue ; si les œuvres de Tart sont faites, non seulement pour être vues, mais pour être regardées longtemps et plus d'une fois, il est certain qu'il ne sam*ait être indiGTérent à l'artiste de choisir tel moment plutôt que tel autre*. » Il doit évidemment choisir le plus fécond. Or, le moment le plus fécond sera celui qui facilitera le mieux le travail et le jeu de notre imagination. Nous ne nous contentons pas de voir ; nous voulons ajouter en pensée, en imagination, à ce que nous voyous ; compléter Tœuvi'é que nous contemplons et qui ne nous doime qu'un seul moment d'ime action, que nous voulons saisir dans son ensemble.

Mais dans tous les développements d'une action ou d'un sentiment (ces deux termes sont synonymes pour Lessing, les mouvements de l'âme étant aussi des actions), le moment le moins propre à satisfaire notre imagination est précisément le moment extrême, où l'action arrive à son terme, où le sentiment atteint son

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