‹ LessingChapitre 62 sur 233 · I.BMIKO · texte numérisé non relu

I.BMIKO

dernier degré de violence. Monti*er à Timagluation ce degré extrême, ce moment anal au delà duquel il n'y a plus rien à voir, c'est lui couper les ailes, c'est la mettre en face du néant. Gomme elle ne peut plus aller au delà de l'impression qu'elle a reçue, c'est l'obliger à reculer en deçà, à se repaître d'images plus faibles, à ne recevoir qu'une impression et un plaisir esthétique moindres.

< Si le sculpteur nous montre Laocoon soupirant, l'imagination pourra l'entendre crier. Mais s'il nous le montre poussant des cris, elle ne peut ni aller au delà^ ni reculer en deçà, sans le voir dans une iK>8ition moins douloureuse, par conséquent moins intéressante. Ou bien elle l'entendra seulement gémir, ou eUe le verra mort*. »

En outre, comme le moment choisi par l'artiste, fixé par lui dans le marbre ou sur la toile, reçoit par là même une durée étemôUe et immuable, il en résulte pom* l'artiste, l'obligation de ne point représenter ce qui, dans la réalité, est essentiellement transitoire ce qui paraît et disparaît subitement et n'a pour ainsi dire aucune durée. Ces accidents fugitifs, perpétués ainsi par l'art plastique, longtemps et souvent regardés, impatientent, agacent et, finalement, rebutent le spectateur.

Ainsi le portrait d'un homme qui rit (Lessing cite celui de Lamettrie qu'il avait sous les yeux) devient à la longue grimaçant. Il en est de même du eiû violent. La douleur qui se traduit ainsi est forcément passagère. Ou bien elle cesse, ou sinon, sa violence même détruit

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