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Chap. XXI

CRITIQUE KSTHÉTIQUE. 197

du poète grec, sa reproduction intégrale en peinture, que le comte Gaylus propose expressément aux artistes*.

Yoilà les vieillards troyens assis en face d'Hélène, lançant sur elle des regards d'admiration libertine et de sénile convoitise, car lem* sentiment ne saurait guère se traduire autrement, pour être vrai. Dans les vers du poète, cette expression, indiquée seulement, n'est qu'une surprise passagère, bientôt réprimée par les sages réflexions qui suivent. Mais fixée, éternisée sur la toile, elle n'est qu'une déplaisante et répugnante grimace : « turpe senilis amor » .

Et ces regards admiratifs, à qui s'adressent-ils dans ce tableau? A une femme enveloppée, emmaillottée dans ses voiles ; car chez Homère, Hélène a gardé ses voiles, et Gaylus, toujours très précis dans ses recommandations, ne dit pas qu'on doive rien changer au texte du poète.

Un grand peintre grec, Zeuxis, qui lui aussi a représente d'après Homère la beauté d'Hélène, a auti*ement compris ce que lui commandait son art ; et son exemple confirme à la fois la théorie de Lessing, et réfute victorieusement celle dont le comte de Gaylus propose l'application.

Zeuxis représente Hélène, comme le feinlre peut le faire, sans voiles, dans la rayonnante nudité de son corps divin ; et en faisant ainsi, il est certain qu'il a voulu à sa manière traduire, illustrer les vers^d'Homère, car il les a inscrits au bas du portrait. En même temps, il nous montre que le peintre, en imitant le poète, doit

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