Chap. X.\II
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faire autrement que lui. Il a peint d'après Homère, mais non pas comme Homère. L'un et l'autre cependant, par des procédés différents, aboutissent au même résultat, et nous donnent la même impression'. « Qui ne croirait ayoii' devant les yeux le corps le plus beau, le plus parfait, du moment qu'il éprouve sympathiquement les sentiments qu'un si beau corps seul peut provoquer? Ce n'est pas parce que Ovide nous décrit en détail le corps ravissant de sa Lesbie, que nous croyons jouir de l'aspect dont lui-même jouissait, mais parce qu'il le fait avec cette ivresse voluptueuse dont le transport est si facile à éveiller en nous*. »
Lessing indique encore au poète un autre moyen pour peindre la beauté physique. C'est de nous la montrer en mouvement, en action ; de la transformer en grâce, et il lui pi*omet qu'il surpassei*a en ceci la peinture, qui ne peut représenter le mouvement, mais seulement le laisser deviner. Et cette supériorité provient, selon Lessing, conformément à la théorie énoncée plus haut, de ce que ce mouvement gracieux, cette beauté transitoire, devient en peinture facilement grimaçante, tandis qu'en poésie, elle produit sur nous une impression plus forte et plus durable, puisque la mémoire, selon lui, retient plus facilement les mouvements que les'^formes et les couleurs.
Mais il oublie que les mouvements sont aussi représentés dans la mémoire et dans l'imagination par des formes et des couleurs et que cette différence au moins n'existe pas.