‹ LessingChapitre 76 sur 233 · cimp. xxni · texte numérisé non relu

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solument laid ; il devient en quelque sorte inoffensif; tandis que, pour la peinture, cette difficulté de percep* tion n'existant pas, le laid subsiste dans son entier, et produit son plein effet. Cet effet, selon Lessing, c'est le dégoût. La peinture comme art d'imitation peut sans doute représenter le laid. Gomme art supérieur et esthétique, elle ne le veut pas, par respect poiur le Beau, qui est son unique objet et sa règle suprême ^

Donc la poésie, par cela mâme qu'elle ne peut nous donner de la laideur physique qu'une représentation iiicomplète et coofuse, pourra la représenter sans inconyénient; mais non pas pour elle-môme| comme une forme indépendante et légitime de l'art, ni môme pour servir de contraste ni de repoussoir au Beau. Lessing, fidèle à l'esthétique classique, à la théorie absolue du Beau, ne le veut pas. Il permet à la poésie de se servir du laid, seulement comme d'un ingrédient nécessaire, pour produire certains sentiments mixtes et complexes dont elle a besoin, et qu'elle ne pouiTait produire autrement: le ridicule et le terrible*. Ainsi Homère, que Lessing invoque toujours à l'appui de ses théories, peint la laideur de Thersite, lui qui s'est absteau de peindre la beauté d*Hélène. Mais ce n'est pas pour peindre la laideur en elle-même et pour elle-même, c'est pour rendre Thersite ridicule, par le contraste de sa difformité avec la haute idée qu'il a de lui-même, et les prétentions qu'il affiche. Thersite n'est pas seulement laid; il est méchaut; mais sa méchanceté est inoffensive, après tout. C'est pourquoi il n'est que ridicule. Si sa

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