Chop. XXIV
méchanceté pouvait être dangereuse, ce n'est plus lé ridicule, ce serait alors un autre sentiment gui serait produit: le terrible. Tel est, par exemple, le Glocester de Shakespeare, qui est un monstre, au physique comme au moral.
Lessing, cependant, ne veut pas interdire absoliunent à la peinture le droit de produire ces sentiments mixtes du ridicule et du terribleV Mais 11 ades doutes sérieux. Il est persuadé que la représentation dé la laideur ne peut inspirer que le dégoût, et que la perfection même de Timitation, et le sentiment que l'objet repi'ésenté n'est pas réel, ne sauraient mitiger cette impression pénible et rebutante. Sur ce point, il n'est pas de Favis de son ami Mendelssohn, qui croit que les sens inférieurs, le goût et Todorat seuls, sont susceptibles de faire naître le dégoût, et que la vue ne le fait naître que par association*. Pour Lessing, la vue directe d'un objet laid, par exemple d'une figure avec un bec-de-lièvre, avec un nez tordu, ou privée de sourcils, suffit pour faire naître un sentiment de répugnance qui ressemble singulièrement au dégoût; et comme ce sentiment, en peinture, perd beaucoup moins de son effet qu'en poésie ; qu'il se mêle moins intimement au ridicule et au terrible ; dès que la première surprise est passée, dès que la curiosité est satisfaite, il se sépare en quelque sorte des éléments auxquels on l'avait associé, et ne se montre plus que sous sa forme et son aspect propres'.
C'est à ce moment, au milieu de ses subtiles et délicates observations esthétiques, que l'auteur du Ldocoon