Scliiiler, Huldigung der KQmle
Mein unerme$iUch Reich itt der Gedanke, Und mein geflùgelt }Verkzeug Ut dos Wort.
que la peinture poétique consiste à « savoir assez habilement condenser deux, trois parties ou qualités visibles d'un objet pour qu'on s'imagine les entendre (ou les voir) en même temps comme on les voit en même temps dans la réalité' ».
Mais cette peinture poétique exactement déQnie par lui, il ne veut pas qu'on en fasse usage. Il ne la permet que comme une exception, comme une licence, comme une dérogation accidentelle, justifiée par des nécessités urgentes. Il ne la considère pas comme un emploi légitime, comme une fonction naturelle de la poésie. Gomme il ne peut pas s'en passer absolument, il la réduit au strict nécessaire. Il lui permet l'indication des objets matériels, à l'aide d'une ou de deux épithètes, et s'il consent à en accorder trois ou quatre, c'est seulement à la langue grecque, à cause de la facilité qu'elle a de condenser plusieurs épithètes en un seul mot.
Voilà pour Lessing les limites extrêmes, les colonnes d'Hercule de la poésie, au delà desquelles elle ne doit pas s'aventurer, si elle ne veut pas se perdre. Il imagine toutes sortes de comparaisons désobligeantes pour discréditer la peinture poétique, pour en dégoûter les poètes. Il leur recommande plusieurs moyens pour l'éviter, pour la remplacer avantageusement. Il ne veut pas qu'on transporte l'idéal de la peinture dans la poésie, et comme cet idéal pittoresque, pour lui ne réside que dans laforaie hiunaine, à plus forte raison rejettera-t-il de la poésie le paysage auquel, même en peinture, il n'accorde aucune importance. Il ne paraît pas