‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 10 sur 162 · Œuvres, X, p · texte numérisé non relu

Œuvres, X, p

Bans penser à aucun événement, ils ont eu seulement en vue de faire connaître telle ou telle vérité générale. Il leur suffisait que leur fable rendit cette vérité sensible, mais ce n'était pas là le seul but d'Ésope. Son dessin exigeait encore que la ressemblance de la fable avec l'événement qui l'avait inspirée sautât aux yeux de tout le monde, et que, de l'événement inventé comme de l'événement réel, la même vérité découlât comme de son principe. La fable sera donc simple lorsque le poète expose l'aventure feinte qui fait le fond de la fable, de manière que l'on puisse en déduire sans peine quelque vérité générale ; elle sera composée si, outre la narration de l'événement feint, on applique encore un événement effectivement arrivé à la vérité que nous apercevons intuitivement dans la fable h Cette différence établie par Lessing est déduite des fables de Hagedorn. Herder lui objecte que la fable simple n'existe pas, toutes étant composées; seuls les compilateurs de la fable ésopique ont omis l'événement réel et l'ont remplacé par un dicton de morale 2. Quoi qu'il en soit, il est toujours très difficile de s'imaginer la manière dont Ésope avait composé ses fables. Les conditions de la vie n'ofFraient-elles pas un champ assez vaste pour une poésie dont le but primitif n'était

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