La Fontaine et ses Fables, p
2. Voy. la préface des Fables de 1759 ; Œuvres, X, p. 20. — Les cinq dissertations, ibid., pp. 23-90.
3. Voy. Erich Schmidt, Anzeiger fur deutsches Alterthum und deutsche Literatur, II, pp. 38-7(J.
cer une meilleure influence sur les poètes que l'imitation de La Fontaine et de Gellert. Il rejeta donc, à l'exception de six fables, tout ce qu'il avait écrit dans ce domaine et publia un recueil de quatre-vingt-dix pièces servant à illustrer sa théorie. Celle-ci nous intéresse aujourd'hui, presque plus que les Fables elles-mêmes qui ne sont jamais devenues populaires en Allemagne, tandis que les recherches sur la théorie nous font assister au début de cette méthode critique d'où sont sortis le Laocoon et la Dramaturgie. Herder disait qu'on trouvait peu de traités à opposer à ces analyses philosophiques aussi heureuses que profondes *.
Dans la Préface de ses Fables, Lessing prie les lecteurs de ne point juger les apologues sans avoir lu les dissertations2 ; il attache surtout de l'importance à la première qui résume sa théorie. D'abord, il expose de quelle fable il veut parler, pour ne pas confondre, comme l'a fait Gottsched, la fable d'une épopée ou d'un drame, avec la fable ésopique ou l'apologue. Il divise les fables en simples et en composées. Ésope, dit-il, a composé la plupart de ses fables à l'occasion des événements réels qui se passaient sous ses yeux. Ses successeurs, en écrivant les leurs, en ont imaginé de pareils; ou même,
1. Gotthold Ephraim Lessing, dans : Zerstreute lilœtter, p. 65 (éd. Hempel). — « Die biindigste, gewiss philosophischste Théorie, die seit Aristotclcs Zeitcn liber eine Dichtung-sarl gemacht ist. »