‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 105 sur 162 · Laocoon, ch. v · texte numérisé non relu

Laocoon, ch. v

2. Ib., ch. yi. Sur les œuvres d'art antiques inspirées par le groupe, voy. l'Excursus de Bliimner dans son édition du Laocoon, p. 704-721 ; Foerster, Verhandl. der 40. Versammb.'tiij deutscher Philologen, et Jahrb. des hais, detttschen archaeol. Inst., vol. VI, 1891.

Puisque Énée doit faire comprendre à Didon l'affolement des Troyens, il faut que l'horreur causée par les serpents prime le reste. Il ne faut pas nous apitoyer sur le sort de Laocoon ; son malheur n'est qu'un argument de rhétorique où l'exagération peut être de mise. De même Schiller, reprenant le raisonnement de Richardson cité par Lessing *, dit que le poète a plutôt appuyé sur la cause de l'horreur que sur la victime ; s'il avait rendu Laocoon aussi intéressant que le sculpteur l'a fait, nous nous intéresserions plutôt aux souffrances du prêtre qu'à la colère divine 2.

Il est, du reste, peu probable que le groupe ait inspiré Virgile ; il n'est pas sûr qu'il fût à Rome au moment où il composait YÉnèide 3.

A ces arguments, tirés de la différence de la poésie et de la sculpture, Lessing en ajouta d'autres 4, lorsqu'il vit que Winckelmann, dans son Histoire de VArt, datait le groupe de l'époque d'Alexandre le Grand. Cette fois-ci, il recherche, à l'aide des témoignages des Anciens, à quelle époque appar-

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