‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 106 sur 162 · Schiller, Ueber das Pathetische · texte numérisé non relu

Schiller, Ueber das Pathetische

3. Voy. Bliimner, p. 543; — E. Loewy, dans Serta Jlartcliana, 189G, p. 44.

4. Chap. xxvi et xxvn. — Lire, au commencement de <■<' dernier chapitre : eine Base et non Vase, comme les anciennes éditions et traductions l'ont fait d'après Lachmann. L'édit. Hempel a corrigé cette faute; pourtant Wagnon parle encore de vase au lieu de piédestal.

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tiennent les artistes qui ont créé ce chef-d'œuvre. Il semble ne pas attacher beaucoup d'importance à son raisonnement antérieur. Il n'est nullement impossible, dit-il, que les ressemblances entre la description poétique et l'œuvre d'art soient accidentelles et non préméditées, et, loin que l'un soit le modèle de l'autre, peut-être n'ont-ils même pas eu tous les deux le même modèle. Winckelmann croit que le Laocoon ne peut être antérieur à Lysippe ; mais ne peut-il pas être l'heureux fruit de l'émulation excitée entre les artistes par la somptueuse magnificence des premiers empereurs? Pourquoi Agésandre et ses collaborateurs ne pourraientils pas être les contemporains des Arcésilas, des Pasitélès, des Posidonius, des Diogène? Les œuvres de ces maîtres ne furent-elles pas regardées comme comparables à ce que l'art a produit de mieux *? Lessing donne ensuite l'explication du passage de Pline qui a tant intrigué depuis les commentateurs et les archéologues. Pline y dit : « Pour ceux qui ont fait des chefs-d'œuvre en commun, le nombre des artistes est un obstacle à la réputation de chacun d'eux, la gloire ne pouvant appartenir à un seul et plusieurs ne pouvant être cités au même titre : c'est ce qui a lieu pour le Laocoon du palais de Titus, œuvre d'art qui surpasse toutes les pro-

1. Laocoon, chap. xxvi. — Lessing cite aussi Strongylion, mais celui-ci vécut au vc siècle, tandis que les autres florissaient au Ier siècle avant J.-C. Voy. Bliimner, p. 672.

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ductions de la peinture et de la statuaire. Ce morceau, qui représente dans un seul bloc Laocoon, ses enfants et les replis admirables des serpents, a été fait de concert [de consilii sententia) par trois artistes de génie, Agésandre, Polydore et Athénodore, Rhodiens. De même (similUer), les magnifiques statues dont sont remplis les palais des Césars sur le mont Palatin ont été faites en commun par Cratère et Pythodore, par Polydecte et Hermolaiis, par un autre Pythodore et Artémon. Quant à Aphrodisius de Tralles, il travaillait seul. Diogène d'Athènes décora le Panthéon d'Agrippa, et les caryatides qui sont aux colonnes de ce temple sont mises au nombre des chefs-d'œuvre *. » L'époque à laquelle vivait Diogène d'Athènes est indiscutable ; il a décoré le Panthéon d'Agrippa; quant aux autres artistes, Brunn et Overbeck disent que si on ne peut pas déterminer les dates de leur vie, il est pourtant peu probable que tous aient travaillé pour orner les palais des empereurs. Lessing se trompe en croyant que ces artistes n'ont produit qu'en Italie, parce que personne autre n'en parle ; il oublie que les auteurs du Taureau Farnèse, Apollonius et Tauriscus, ne sont mentionnés que par Pline, dont les livres concernant les arts sont une

1. Ilist. Nat., XXXVI, 37. Mommscn [Hermès, XX, p. 285) dit que le terme « de consilii sententia » doit être expliqué comme l'a fait Lachmann, sans qu'on soit forcé pour cela d'attribuer la commande du Laocoon à Titus; mais il incline, en somme, vers l'opinion de Robert.

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compilation peu scrupuleuse et peu adroite de différents écrivains grecs et latins '. Lessing avait donc tort d'appuyer sur la grande importance du moi si m il i te >• et de dire qu'il serait peu convenable à un écrivain pour lequel la précision des ternies n'est pas de peu d'importance, lorsqu'il veut immédiatement. passer des créateurs du groupe à des maîtres tout récents, de faire cette transition au moyen d'un similitcr. Pline est tellement précis que les philologues ne le comprennent pas toujours et qu'on est forcé de changer la place de certaines parties de ses phrases pour le rendre intelligible 2. Ce mot similiter ne peut nullement indiquer ici l'époque des artistes du Laocoon, mais seulement ou l'emplacement des statues, comme le croit Kékulé 3, ou bien que la collaboration a nui à la célébrité des artistes, comme le pense Brunn 4. Mais est-il probable que les Romains eussent si vite oublié le nom des maîtres qui avaient créé un

1. Voy. Jahn, Die Kunsturtheile des Plinius ; Berichte der ssechsischen Ges. der Wiss., II, 1850, p. 105; — Furtwaengler, Plinius und seine Quellen iiber die bildenden Kûnsle (Jahrb. fur Philologie, Supplément Band, IX, pp. 1-78); — Oehmichen, Plinianische Studien, p. 72, 1880. Le premier qui ait indiqué les faiblesses de Pline, critique d'art, est Caylus. Voy. Rocheblave, op. cit., p. 271.

2. Pour le passage en question, Urlichs a proposé de mettre le § 38 avant le § 37. Voy. Chrestomathia Plin., p. 387.

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