Voy. t. I,i
l'art et l'archéologie 193
puis démontrer, en analysant le livre de Klotz sur les pierres gravées, la nullité scientifique, le peu d'érudition de son auteur. Schœne, le commentateur savant de ces Lettres, a découvert un troisième but : Lessing aurait voulu poser sa candidature intellectuelle à la place devenue vacante par la mort tragique de Winckelmann. Le rapprochement de quelques passages de la Correspondance de Lessing et de savantes combinaisons chronologiques rendent cette hypothèse très séduisante; mais, comme l'a démontré Blùmner, elle est peu probable *. Nul doute que Lessing ne fût vexé de ne pas avoir obtenu de Frédéric II la place de bibliothécaire et de voir le roi lui préférer un abbé peu connu, Antoine-Joseph Pernéty, qui ne l'obtint que parce qu'on confondait son nom avec celui du philosophe Jacques Pernéty. Il est probable que l'auteur du Laocoon a voulu montrer aux Allemands qu'ils possédaient encore un archéologue qui briguait souvent les places vacantes, mais dont on ne voulait pas ; il est probable encore qu'il a écrit la seconde partie de ses Lettres pour montrer tout son savoir archéologique et que la troisième fut abandonnée lorsqu'il vit que son attente était déçue ; mais il ne faut pas en conclure que Lessing ait voulu remplacer, aux yeux du public, l'auteur de Y Histoire de VArt. Il savait que pour remplacer un Winckelmann il faudrait vivre dans d'autres