Voy. y Introduction à son édition, p
conditions que celles où il composait à Hambourg ses Lettres archéologiques, après la faillite du théâtre de cette ville '.
L'unité manque à cet ouvrage ; Fauteur y traite des questions qui touchent un peu à tout le domaine de l'art. Il est difficile de porter un jugement d'ensemble sur ce livre. Ces questions sur la technique des arts chez les Anciens ont été depuis traitées avec une connaissance du métier que Lessing était loin de posséder. Déjà Oeser écrivait à Goethe, à propos de ces Lettres, qu'une heure passée dans un atelier nous en apprend plus que toutes les discussions théoriques. Mais ce qu'il faut admirer, c'est que l'érudition ait fait deviner à Lessing des choses que la science, mieux renseignée, confirme aujourd'hui ; ce qui est étonnant chez lui, c'est cette habileté dans un domaine qu'il abordait tardivement et cette familiarité avec les sujets les plus difficiles des antiquités, au milieu de ses travaux sur les théories d'Aristote. Toutes ses recherches sont consciencieuses. Il puise aux sources mêmes, ce qui n'était nullement le cas chez ses adversaires. Si l'érudition seule eût suffi pour être le successeur de Winckelmann, Lessing aurait pu hardiment y prétendre. L'analyse de ses ouvrages archéologiques nous le prouvera.
Les Lettres arclièologiques, dont les premières
1. Toutes les fois que le public apprit que Lessjng voulait aller en Italie, il croyait que c'était pour remplacer Winckelmann. Lessing s'en fâcha souvent. (Voy. ses lettres à Ebert du 18 octobre 17G8 et du 3 janvier 1769, pp. 290 et 307.)
avaient paru dans un journal de Hambourg, commencent par une excuse sur sa manière de discuter avec Klotz. « Vide quani sim antiquorum hominum », dit Lessing avec Cicéron. Les Anciens ne connaissaient pas ce que nous appelons « la politesse » ; leur « urbanité » était tout autre chose. L'envieux, l'hypocrite, l'ambitieux, voilà le type du véritable grossier personnage, qu'il s'exprime aussi poliment qu'il voudra. Notre commerce quotidien ne doit pas rendre louches nos écrits. — Après cette déclaration, Lessing reprend la thèse défendue dans le Laocoon à propos de l'ouvrage de Caylus sur les Tableaux tirés de l'Iliade i. Klotz lui avait reproché ses attaques dirigées contre le comte dont il se vantait d'être l'ami 2. Selon Caylus, Homère était le livre de chevet des anciens artistes et ils lui empruntaient toujours des sujets. C'est ce que Lessing ne peut accepter qu'avec des restrictions. Ce sont ces restrictions qui constituent « la faute impardonnable » que Klotz, selon le critique (Dusch) du Reichspostreuter d'Altona, avait relevée dans le Laocoon. « Mais, dit Lessing, qu'on réfléchisse bien. C'est autre chose de peindre des sujets qu'Homère a traités et de les peindre tels qu'Homère les a traités. Tout le monde connaît de