‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 111 sur 162 · Voy. Œuvres, XXVIII, pp. 767 el suiv. (éd. lh>mpel · texte numérisé non relu

Voy. Œuvres, XXVIII, pp. 767 el suiv. (éd. lh>mpel

l'art et l'archéologie 197

gnit nue et donna ainsi l'idéal de la beauté. Les parties du Laocoon, qui traitent de l'invention du poète et de l'expression de l'artiste, l'explication des exemples tels que les dieux divisés à propos du sort des Troyens, le combat de Minerve et de Mars, qui, renversé par une pierre énorme, couvre sept arpents, les nuages homériques, le tableau de la peste et la descente d'Apollon du haut de l'Olympe, le moyen dont se sert la peinture pour donner à entendre que tel ou tel être est invisible : tout cela prouve suffisamment Terreur de Caylus et la faiblesse de l'attaque de Klotz qui disait que le pinceau du peintre peut vaincre les difficultés soulevées par Lessing. Quel dommage, dit la troisième Lettre, que Klotz ne manie pas le pinceau ! Il le ferait avec autant de maîtrise qu'il manie la plume ; il rendrait possibles les sujets impossibles, il montrerait sur le tableau des choses invisibles, ou il représenterait Pandare depuis le moment où il prend la flèche de son carquois jusqu'au moment où il la lance. J'ai voulu, dit Lessing, simplement prouver contre Caylus qu'un poème peut être très fertile pour le peintre, sans être lui-même pittoresque, tandis qu'au contraire un autre peut être très pittoresque et pourtant n'être pas fertile pour le peintre ; mais on ne peut pas faire de l'utilité pour le peintre la pierre de touche des poètes. Quel rang occuperait Milton qui ne peut remplir la moindre galerie de tableaux i ?

1. Voy. sur l'ouvrage de Caylus, Rocheblave, op. cit., p. 214.

Klotz avait donc mal compris Lessing sur ce point ; il en est de même pour ses objections au sujet de la représentation des Furies l. Lessing établit dans le Laocoon 2 que la beauté était la première loi des arts plastiques chez les Grecs. La fureur et le désespoir ne profanaient aucune de leurs œuvres; on peut affirmer qu'ils n'ont jamais représenté une Furie. Le laid n'était pas du domaine de l'art. Lessing ajouta cependant, en manière de restriction, qu'il ne parlait que des œuvres où les artistes ont eu leur entière liberté, où ils ont pu se proposer pour but unique d'atteindre à la plus haute puissance de leur art, où la religion ne leur était pas une entrave. Il voulait qu'on n'appliquât le nom d'œuvres d'art qu'aux œuvres dans lesquelles l'artiste a pu se montrer véritablement artiste, qu'aux créations dans lesquelles la beauté a été son premier et son dernier but. Une œuvre où se montrent des traits trop marqués de convenances religieuses ne mérite pas ce nom, l'art n'y ayant été qu'un auxiliaire de la religion. Si l'on ne fait pas cette distinction, le connaisseur et l'antiquaire se trouveront continuellement en opposition parce qu'ils ne se comprennent pas. « Si le connaisseur, d'après ses idées sur le but de l'art, sou-

L'auteur, pourtant très favorable à Caylus, trouve que ce livre est le développement dune idée fausse, mais qu'il s'y rencontre un certain nombre d'idées justes à glaner.

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