‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 112 sur 162 · Cli. ii et i · texte numérisé non relu

Cli. ii et i

l'art et l'archéologie 199

tient que l'artiste ancien n'a jamais fait telle ou telle œuvre, c'est-à-dire, en tant qu'artiste, de sa libre volonté, l'antiquaire entendra par là que ni la religion, ni aucun motif pris en dehors du domaine de l'art, n'a pu porter l'artiste à le faire, l'artiste en tant que manouvrier. Il croira donc pouvoir réfuter le connaisseur au moyen de la première statue venue que celui-ci aura, sans scrupule, mais au grand scandale du monde savant, condamnée à rentrer au milieu des décombres d'où on l'avait tirée *. » On dirait que Lessing prévoyait les attaques de Klotz.

Quant au fond de la question, Lessing avait raison de dire que les œuvres d'art inspirées par la religion ne rentrent pas toutes dans le domaine de l'art ; seulement, il allait trop loin en en excluant toutes les productions de cette catégorie. Les œuvres des plus grands sculpteurs devraient être écartées, puisque tous ont travaillé à orner les temples ou les endroits consacrés au culte. Lessing ne voyait pas combien la religion grecque était intimement liée avec la vie publique ; la division des arts en profanes et religieux a un sens tout moderne chez lui. Quoiqu'il nous accorde que la religion a fait souvent consister le symbole dans le beau même, quoique, dans le cas spécial des Furies, il ait complètement raison, il n'est pas permis d'ériger cette séparation en principe, puisqu'il

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