‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 113 sur 162 · Laocoon, ch. ix · texte numérisé non relu

Laocoon, ch. ix

nous serait alors impossible de discerner ce qu'on peut ranger parmi les œuvres d'art. « Minerve devrait déposer son égide, Neptune son trident, et Bacchus non seulement ses cornes mystiques, mais même sa couronne de lierre », dit spirituellement Feuerbach *.

Le mot de Lessing que les jugements trop généraux nous choquent puisqu'on trouvera toujours quelques exceptions, mais que ce sont justement celles-là qui confirment la règle, peut très bien s'appliquer à la représentation des Furies. Les exemples que Klotz et Riedel citaient pour prouver le contraire de ce que Lessing avançait, celui-ci les connaissait aussi bien qu'eux. Des médailles et des pierres gravées ne prouvent rien pour l'art, et même là les traits de ces déesses infernales étaient beaucoup adoucis. Pour voir combien la remarque de Lessing est juste, nous n'avons qu'à considérer les changements de la figure de Gorgone. Plus l'art en Grèce s'est développé, plus les traits en sont devenus beaux. Dans le grand nombre de vases peints et de bas-reliefs qu'on a découverts depuis, les Furies sont représentées en chasseresses aux traits réguliers avec de courts vêtements et des cothurnes, tantôt ailées, tantôt sans ailes, les serpents dans la main, poursuivant les criminels 2.

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