Lettres
d'Achille !, que les Grecs, quoi qu'en dise Pope, ne connaissaient pas la perspective. Non seulement on ne la connaissait pas à l'âge homérique, mais, à en juger d'après les œuvres d'art dont parlent les Anciens, elle n'était guère avancée plusieurs siècles plus tard. Même les deux grandes peintures de Polygnote à Delphes, dont Pausanias nous a laissé une description si détaillée, manquaient évidemment de perspective. La simple observation de cette loi optique, qui fait que les objets paraissent plus petits de loin que de près, est loin de constituer la perspective dans un tableau, dit Lessing. Celle-ci exige un point de vue particulier, un point d'observation déterminé et naturel, et c'est ce qui manquait aux tableaux des Anciens. On n'est arrivé à la véritable perspective qu'en passant par la peinture des décors. Ces observations sont confirmées par les recherches de nos jours. Même si nous supposons que les peintures d'Herculanum et de Pompéi n'étaient pas dues à des maîtres, il serait tout de même étrange que ces copies montrassent de telles fautes contre les lois de la perspective qu'on les pardonnerait à peine aujourd'hui à un écolier. C'est que la perspective, comme dit Lessing, n'est pas un indice du génie ; elle est fondée sur des règles et des artifices qui, une fois connus, peuvent être observés par l'apprenti comme par le maître. C'est lors de la Renaissance que Léonard de Vinci et Al-