‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 120 sur 162 · Lettre · texte numérisé non relu

Lettre

fois que les Anciens parlent d'un anneau de grande valeur, comme celui de Polycrate, ou celui qui excita l'inimitié entre Cépion et Drusus, ou bien celui qui fut la cause du bannissement de Nonius, il faut supposer qu'il s'agissait simplement d'une pierre fine et non d'une pierre gravée l. — Lessing veut prouver que l'anneau de Polycrate qui, selon Pline, fut conservé à Rome au temple de la Concorde, ne fut pas gravé, mais seulement enchâssé par Théodore de Samos. Cet artiste aurait vécu longtemps avant Polycrate et n'était pas son contemporain, comme le croyait Winckelman. — Pour prouver la date relativement récente où la gravure était connue en Grèce, Lessing rapproche les données que nous avons sur l'anneau d'Isménias des fragments d'Eupolis où celui-ci parle du luxe des Cyrénéens, et aussi du passage connu des Nuées et des Thesmophoriazusae . Il en conclut que les Cyrénéens, habitant près des Egyptiens, furent initiés par ceux-ci à l'art de la gravure, et que les Athéniens l'apprirent de ces derniers lors de l'expédition d'Egypte (460-454). Ce n'est qu'après cette date qu'on en grava en Grèce, mais ces anneaux ne furent achetés d'abord que par les efféminés, comme les joueurs de flûte 2. Le raisonnement est sagace, mais quant à l'anneau de Polycrate, Ulrichs prétend que c'était un sceau, gravé

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