Lettre
4. De l'origine des lois, des arts et des sciences, III, p. 241. — La Haye, 1758, et Paris, 1778.
Romains qui recevaient leurs diamants tout préparés de l'Orient l. En dehors de ces deux passages de Pline, nous ne trouvons chez les Anciens nulle trace de la poudre de diamant et Lessing, fort de ses vastes lectures, lance ce défi à Klotz : « Qu'il me montre un seul passage chez les auteurs grecs ou latins qu'il puisse citer à l'appui de sa thèse 2. » Il va cependant trop loin en disant que les Anciens ne connaissaient pas du tout la poudre de diamant 3. Ils savaient probablement polir cette pierre, ce qui ne peut se faire sans la poudre. Lessing, en s'appuyant sur le passage de Pline cité plus haut, nie cet emploi. Goguet, dit-il, s'il vivait, serait de mon avis ; il parle de ces limites où l'esprit humain s'arrête quand il est le plus près du but, et qu'il ne lui reste plus qu'un pas à faire pour y toucher 4.
Après la discussion sur la matière des gemmes, Lessing parle des artistes et des ouvriers mêmes 5. Il faut distinguer, selon lui, le lapidaire {politor), le graveur (scalptor) et le joaillier (compositor). Les politores gemmarum ne polissaient pas seulement les pierres, ils possédaient aussi le secret de leur donner la couleur voulue et, comme le dit Natter, de raffiner ou de clarifier les cornalines