Lettre i
l'art et l'archéologie 219
il est détendu de les tailler, quoique la dureté des émeraudes scythiques et égyptiennes soit telle qu'on ne peut pas les entamer. Ces pierres, quand elles sont d'une certaine dimension, reflètent comme les miroirs, les images des choses. L'empereur Néron regardait les jeux des gladiateurs à travers une émeraude l. » Vettori et d'autres ont tiré de ce passage la conclusion que les Anciens connaissaient le verre grossissant. Mais, objecte Lessing, l'expression visum colligere dont se sert Pline n'est pas possible, si la pierre est concave ; cette locution n'est pas à prendre dans le sens de la dioptrique, mais dans celui de la catoptrique. Puisque les rayons rejetés par une face convexe divergent, et ceux d'une face concave convergent, c'est la face concave qui donne la plus forte lumière et c'est cette intensité de lumière et de couleur que Pline voulait exprimer. Solin, qui dans son ouvrage a compilé Pline, y voit une espèce de miroir, mais Solin a souvent défiguré son auteur. Les arguments de Lessing sont convaincants; il croit, et avec raison, que le verre en question était une espèce de lorgnon dont la couleur verte avait une influence bienfaisante sur la vue de Néron, et dans ce cas la face cave reflète mieux la couleur que la convexe 2. C'est ainsi que les graveurs en pierres fines fixaient les émeraudes pour se fortifier la vue. Cependant