Voy. Blumner, op. cit., III
les passages que Lessing cite à l'appui de sa thèse (que Néron n'était pas myope, mais presbyte), prouvent juste le contraire *. Il ne veut pas reconnaître l'existence du verre grossissant chez les Anciens, tout en connaissant les passages qui parlent des boules remplies d'eau qui grossissent et servent de verre ardent. Mais, dit-il, c'est justement cette croyance que l'eau est nécessaire pour grossir les objets, qui a empêché les Grecs et les Romains de faire le dernier pas dans cette voie. Il ajoute ce joli mot sur leurs inventions : « L'aube apparaissait pour eux, mais ils cherchaient le soleil levant au couchant. » Lessing avait sans doute raison quand il disait qu'aucun passage des Anciens ne prouve l'emploi du verre grossissant, mais les découvertes plus récentes nous ont montré le contraire. On a trouvé dans les tombeaux des lentilles convexes dont quelques-unes avec montures ; elles ne pouvaient servir qu'à grossir 2. Il est très probable que les graveurs s'en servaient pour exécuter les ou-
1. Lessing l'a reconnu lorsque Veltheirn lui a fait ses objections. Voy. Schône, p. 160.
2. Voy. Blumner qui a consacré tout un Excursus à cette question, III, 313 et suiv. ; Froehner, La Verrerie antique, p. 105; Deville, Hist. de l'art de la Verrerie dans l'antiquité, p. 92. cite un petit disque de verre blanc le plus pur, taillé en plan convexe, véritable objectif d'un instrument d'optique à la façon de nos longues vues. On l'a trouvé dans un tombeau de la nécropole de Bérénice en Cyrénaïque. Il est actuel" lement au Musée de Sèvres.
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vrages où la vue seule, quelque perçante qu'elle soit, ne suffit pas, même s'ils avaient, comme dit Lessing, la vue dans la main. «Les Anciens voyaient peu, dit-il, mais ils voyaient plus distinctement; leurs yeux étaient plus aigus que les nôtres. Toute la différence entre les Anciens et les modernes ne consiste-t-elle pas dans ce fait ? »
Après avoir réfuté l'opinion de Klotz sur l'avantage que les anciens graveurs pouvaient tirer des taches contenues dans les pierres *, Lessing s'occupe dans les dernières Lettres 2 de l'étymologie des mots camée et opale; il explique le nom de plusieurs pierres, comme sardonyx, agate-onyx et contredit souvent les dénominations données par Lippert. Ses étymologies sont plus ingénieuses que vraies. On y admire seulement le soin de l'infiniment petit qui a attiré l'esprit de Lessing aussi bien que les questions de l'art en général . Il termine la partie savante de son œuvre par quelques remarques sur la description de la Dactyliothèque de Zanetti faite par Gori 3.
Dans les sept dernières Lettres, nous avons un portrait du caractère moral de Klotz, qui valait encore moins que son érudition. Qu'on se rappelle l'écorchement de Marsyas par Apollon et on aura