‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 131 sur 162 · Brouillon delà Lettre 58. - Œuvres, XIII, 2, p · texte numérisé non relu

Brouillon delà Lettre 58. - Œuvres, XIII, 2, p

2. Aujourd'hui au Louvre, sous le nom de Gladiateur combaltant.

W. Chap. xxviii.

1. Vita Chdbr., chap. i : « ... reliquam phalangem loco vetuit

genu scuto non pas par « le genou appuyé conire le bouclier », ce qui serait en contradiction avec le mouvement de la statue, mais en mettant une virgule après genu, et rapportant scuto aux mots suivants il traduisait : « qui, le genou fortement appuyé, reçoit le choc de l'ennemi avec le bouclier et tient la lance en avant. » Le Gladiateur représenterait donc ce que fit Chabrias. Lessing soumit cette opinion à Winckelmann en laissant « à son regard pénétrant de décider, s'il a remarqué au point de vue de l'art quelque chose qui puisse combattre son opinion ». La réponse ne se fit pas attendre longtemps, mais ce ne fut pas Winckelmann qui répondit. Heyne, dans les « Annonces savantes de Gœttingue », en analysant les Monumenti inediti (1767), disait dans un article non signé que Winckelmann n'a même pas relevé cette erreur de Lessing et que cela lui fait honneur; il aurait pu lui dire qu'il a confondu le Gladiateur avec la statue nommée Miles Vêles qui se trouve à Florence. Lessing fut indigné de cette critique; elle arrivait au moment où il travaillait à la première partie des Lettres archéologiques. Se croyant attaqué par un acolyte de Klotz, il fit immédiatement une digression dans la 13° Lettre pour se défendre. Il dit que s'il a confondu les deux statues, c'est que Winckelmann les avait confondues également,

cedere, obnixoque genu scuto, projectaque hasta impetura excipere hostium docuit. »

puisque lui, il n'en parle que d'après l'Histoire de l'Art. Mais il n'en est rien; il n'avait jamais voulu discuter sur le Miles vêles, mais bien sur le Gladiateur Borghèse. Et il ajouta : « Je saisirai la première occasion pour prier le savant de Gœttingue de s'expliquer plus clairement. Ce qu'on a dit contre mon explication ne prouve rien ; on aurait pu faire d'autres objections et, en effet, je n'attends que celles-là pour confirmer définitivement mon hypothèse ou la retirer *. » Heyne prit peur. Il écrivit immédiatement une lettre très humble à Lessing, où il regrettait de s'être servi d'une expression blessante, et promit de rectifier les choses dans un numéro suivant 2. Peu après, dans la critique de la première partie des Lettres 3, il lui cita deux passages de Diodore et de Polyen qui mettent hors de doute que l'explication de o&nixogenuscuto, donnée dans le Laocoon, est fausse. Lessing connaissait-il ces passages, comme il le dit dans la 38e Lettre, ou bien y fut-il amené seulement par la critique de Heyne? S'il les connaissait, comme le croit Blumner 4, pourquoi n'a-t-il pas retiré son hypothèse dès la 13e Lettre? Schœne 5 et avec lui Erich Schmidt6 voient dans les Lettres 35-

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