Lessing, II, p
l'art et l'archéologie 225
39 où Lessing, convaincu par la force des arguments de Heyne, retire son hypothèse, un tour de sophiste qui masque sa retraite avec la meilleure grâce du monde. Mais il est peu probable que Lessing n'ait pas connu deux passages que les commentateurs de Cornélius Népos citaient '. S'il a déclaré attendre pour examiner la question, il se peut très bien qu'il ait pensé aussi bien à vérifier les passages qu'à considérer les raisons artistiques qui étaient contraires à son hypothèse. Bliimner a donc raison quand il dit que même un Lessing peut dissimuler son oubli ou son ignorance ; mais s'en vanter et dire qu'on connaissait un argument après que l'adversaire l'a fait valoir, ce serait peu digne d'un homme qui cherche la vérité.
La seconde partie des Lettres commence donc par la discussion de ce problème 2. Le ton y tranche singulièrement sur celui des Lettres dirigées contre Klotz; Lessing se trouve ici en face d'un vrai savant, qu'on a pu appeler « un pédant des chaires universitaires » 3, mais auquel personne ne peut contester les services rendus à l'étude de l'antiquité. Quels que soient ses torts envers Lessing après sa mort *, il n'en est pas moins vrai que l'auteur du Laocoon, aussi bien que Winckelmann, estimait les
1. Voy. la lettre de Heyne à Lessing, du 7 avril 1769, p. 289.