‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 14 sur 162 · Ibid., voy. t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid., voy. t. I, p

qu'il donne pour vrai, la fable doit l'emporter pour la force de la conviction sur les exemples historiques.

Malheureusement, ce beau raisonnement ne prouve nullement qu'Aristote ait eu tort. Il est inexact de dire que la vraisemblance nous fait croire qu'une chose est arrivée, autrement nous n'attacherions aucune foi aux événements invraisemblables, ce qui est loin d'être vrai. Puis, Aristote ne dit pas que les exemples tirés de l'histoire ont plus de force de persuasion que les fables, parce que leur réalité prouve leur vraisemblance, mais parce que, comme il le dit aussi dans la Poétique 4, nous ne sommes pas certains qu'une chose soit possible qui n'est pas arrivée, tandis que ce qui est arrivé est évidemment possible, car cela ne serait pas arrivé si c'était impossible 2.

Malgré cette erreur, la réalité que Lessing demande pour la fable est un fait acquis. La définition de l'apologue, qu'il donne à la fin de cette première dissertation, est le résumé de sa controverse et de ses propres recherches. Il dit : « Lorsqu'on ramène une proposition morale générale à un événement particulier, que l'on donne la réalité à cet

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