‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 144 sur 162 · Poésie et Vérité, VIII, p · texte numérisé non relu

Poésie et Vérité, VIII, p

attributs qu'on donnait de son temps au Sommeil ; nous ne connaissons, pour caractériser ce dieu, que son action même, et nous le couronnons de pavots. Ces idées sont modernes ; la première est d'un médiocre service , mais elle ne peut être employée dans le cas présent, où même les fleurs me paraissent déplacées, surtout pour une figure qui se groupe avec la Mort. » Lessing dit que « c'est demander à Homère un de ces petits enjolivements qui sont le plus en opposition avec sa grande manière. Les attributs les plus expressifs qu'il eût pu donner au Sommeil eussent été loin de le caractériser aussi complètement, de faire naître en nous une image aussi vive que ce seul trait par lequel il en fait un frère jumeau de la Mort. Que l'artiste cherche à rendre ce trait et il pourra se passer de tout attribut. Les artistes anciens ont effectivement donné au Sommeil et à la Mort la ressemblance que nous nous attendons si naturellement à trouver chez des jumeaux ». Et il cite la description du coffre de Cypsélus dans Pausanias1, où le Sommeil et la Mort étaient représentés comme des enfants endormis tous deux dans les bras de la Nuit; seulement l'un était blanc, l'autre noir; celuilà dormait, celui-ci paraissait dormir. Tous les deux avaient les pieds croisés " l'un sur l'autre. Lessing ajouta que les Anciens n'avaient jamais

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