Trois mémoires, cités plus haut
Le coffre de Cypsélus ne peut pas avoir la] même importance et la même signification que les scènes représentées sur les vases peints ou sur les tombeaux romains; de même, les idées d'Homère ou d'Euripide ne sont pas les mêmes sur ce sujet que celles de Sénèque ou de Stace. Après que Raoul- Rochette eût recueilli le plus grand nombre de monuments de ce genre \ deux archéologues Julius Lessing 2 et K. Robert 3 ont traité la question avec tous les secours qu'offre la science archéologique de nos jours. Le résultat de leurs recherches peut se résumer ainsi : il n'y a pas de représentation fixe de la Mort pendant toute l'antiquité. L'idée de représenter la Mort et le Sommeil comme des jumeaux était très belle ; elle trouva son expression poétique dans Homère et dans Hésiode, et son expression artistique sur le coffre de Cypsélus. Seulement la mythologie grecque n'attachait pas une idée bien nette et fixe à Thanatos. Chez Euripide, et probablement chez Phrynichus, il est sacrificateur, conducteur d'àmes, roi des morts et monstre qui boit du sang. C'est Hadès qui est le dieu de la Mort, c'est lui qui ravit les mortels, tandis que Thanatos n'est jamais sorti de la pénombre où il flottait entre l'idée et la personnification. La
1. Monuments inédits d'antiquité figurée, I, pi. 40, 42, 42 A, il, 11 A, 1833.