‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 150 sur 162 · Voy. Bénard, YEsthétique d'Aristote, p · texte numérisé non relu

Voy. Bénard, YEsthétique d'Aristote, p

2. Sur YEsthétique de Kant, voy. la thèse remarquable de M. V. Basch (1897).

proclamé « poetarum rex », était trop loué aux dépens d'Homère. « On préfère le doux et joli au grand, le léché au naturel, ce qui est bien fait et bien tourné à ce qui est largement traité et au sublime », dit Sainte-Beuve en parlant du culte de Virgile en France *. Là une réaction était salutaire. Elle fut, comme toujours, excessive dans le Laocoon; mais l'équilibre est aujourd'hui à peu près rétabli. Lessing a initié les Allemands à l'art de décrire dans Homère. Par quelques exemples bien choisis, il a démontré que le vrai poète ne rivalise pas avec le peintre et que l'âme de toute poésie réside dans le verbe, dans l'action et non dans l'épithète. A l'aide d'Homère il a donné un coup fatal à l'allégorie déjà condamnée du reste par Du Bos a. Le poète épique fut ainsi introduit et mis en honneur en Allemagne, mais il n'était pas donné à Lessing de révéler à ses contemporains les secrets de la poésie épique grecque ; ce fut la génération suivante qui, grâce aux études de Herder et de Wolf, parvint à pénétrer le génie homérique. L'année même où mourut Lessing (1781) parut la traduction de V Odyssée par Voss qui a rendu le poète intelligible pour le grand public.

Quant à la poésie lyrique, Lessing était incapable

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