‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 152 sur 162 · L'avenir de la science, p · texte numérisé non relu

L'avenir de la science, p

2. Boxberger, dans la collection Kùrschner, vol. XIV, 2, p. 449.

quoi Lessing se montre versé dans les lettres antiques et modernes, il est philosophe et théologien et on se le figure aisément au milieu des grands in-folio, malgré tout son mépris, si souvent exprimé, pour l'érudition. Quoiqu'il se tînt éloigné des chaires universitaires et qu'il n'eût pas assez de sarcasmes pour leurs titulaires, il arrive souvent que par son ton parfois doctoral, par sa manie des livres, par son aversion pour tous ceux que la nature enthousiasme, il fait l'effet d'un érudit du xvme siècle. Mais, à côté de l'érudit, nous voyons dans son œuvre l'homme, et celui-ci appartient plutôt à l'antiquité qu'à son temps.

Il serait puéril d'attribuer à Lessing des idées républicaines, dans le sens où nous entendons aujourd'hui ce mot. La politique militante était alors une chose inconnue en Allemagne. Non que Lessing ne rèvàt d'une société mieux organisée, qu'il ne se sentît attiré vers les héros de la liberté ; mais aucune de ses paroles ne porte le caractère républicain. Par contre, il n'hésita pas à manifester son aversion pour les princes, probablement toujours avec cette arrière-pensée que Frédéric II avait méconnu les grands hommes de l'Allemagne. Nous avons déjà cité le mot de Lessing à propos de l'influence des princes sur la littérature !. Lorsqu'il apprend l'assassinat de Winckelmann, il écrit à Nicolai : « Voilà ce qui arrive quand on fait des

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