Voy. Hertzberg, op. cit., p
3. Voy. Hertzberg, p. 117; Prosch, p. 105; Baumgart, Handbuch der Poetik, pp. 180 et suiv.
4. Voy. sa définition, Ueber Bild, Dichtung und Fabel, p. 113. Cornp. Haym, Herder, II, 318 et suiv.; Hertzberg, p. 78.
que nous les voyons dans Babrius ou dans La Fontaine. Il est, d'ailleurs, impossible d'embrasser par une définition ce vaste domaine de la fiction poétique; c'est pourquoi Keller, s'attachant uniquement au noyau des plus anciennes fables, hasarde cette définition beaucoup plus juste que celles de Lessing et de Herder : L'apologue est un récit poétique à tendance gnomique où des êtres sans raison, mais concrets, agissent et parlent en personnes raisonnables 4.
La seconde dissertation est principalement dirigée contre Breitinger et sa théorie du merveilleux. Lessing y discute l'emploi des animaux dans la fable. Pour les Suisses dont le chef d'école, Bodmer, attaqua d'une manière si grossière les fables et les dissertations de Lessing, l'apologue réunissait toutes les qualités demandées par la poésie : le merveilleux et la morale. Une telle théorie ne pouvait plaire à Lessing dont les dissertations sur la fable ne sont issues que de ses études sur le drame qui pour lui était le point culminant de l'art poétique. Il reléguait la fable dans le domaine de la morale, aux confins de la philosophie et de la poésie. Les Suisses étaient toujours rebelles à la scène ; les divergences entre eux et Lessing ne devaient pas tarder à éclater. En réfutant, dans la première dissertation, les définitions des critiques français, Lessing s'incline d'abord