Keller, op. cit., p. 309; couip. Hertzberg, i
devant Breitinger; mais il ne lui dissimule pas qu'une de ses définitions n'est qu'un délayage de Delà Motte ' ; ensuite, il lui démontre que la seconde n'est pas juste non plus. Breitinger disait que c'est pour atteindre au merveilleux dans la fable que l'on y fait parler et agir raisonnablement les animaux. Ceci l'induisait à croire que la fable, en néral, regardée dans son essence et dans son origine, n'est que le merveilleux même en tant qu'il aboutit à l'instruction. D'abord, objecte Lessing 2, les Anciens, en commençant leurs fables par le mot -a-!, voulaient, selon Aristote, diminuer l'apparence de raconter quelque chose d'impossible ; puis le merveilleux restant toujours le même, lorsque nous y pensons trop souvent, la disposition de notre âme change. Ainsi l'introduction des animaux ne nous paraîtrait merveilleuse que dans les premières fables que nous verrions, et dès que nous trouverions que les animaux parlent et agissent presque dans toutes, cette singularité, quelque grande qu'elle soit, n'aurait bientôt pour nous rien d'extraordinaire. La raison qui fait que le fabuliste trouve souvent les animaux plus commodes pour ses vues que les hommes, consiste dans l'immobilité et l'invariabilité généralement connues des caractères. Pour n'avoir pas à caractériser les personnages que l'on emploie par des circonstances