‹ Lessing et l'AntiquitéChapitre 20 sur 162 · D'ailleurs, Patru voulait également qu'on s'en tint, pour · texte numérisé non relu

D'ailleurs, Patru voulait également qu'on s'en tint, pour

faut bannir la fable du domaine de la poésie, parce que chez les Anciens elle était du ressort de la philosophie et de la rhétorique. Les trois autorités que Lessing cite sont Aristote, Aphthonius etThéon. Il est vrai qu'Aristote ne parle de la fable que dans la Rhétorique ; mais l'état fragmentaire de la Poétique ne nous permet pas de conclure qu'il n'en a pas fait mention parmi les genres poétiques. Même s'il ne l'avait pas fait, le passage de la Rhétorique ,11, 20) ne prouve rien contre le caractère poétique de l'ancienne fable. Au temps d'Aristote, les écoles des rhéteurs s'en étaient déjà emparé et lui ont fait subir tant de changements que de l'ancien apologue il ne restait que la charpente : la morale, le but didactique dont on pouvait orner les discours. Il est donc naturel qu'Aristote, en parlant des moyens de persuasion, cite la fable et la parabole. Si Platon tolère la fable dans sa République, ce n'est pas, comme le croit Lessing, parce qu'elle n'avait jamais d'ornement poétique, mais parce que, au IVe siècle, le changement dont nous parlions s'était déjà effectué. Quoi d'étonnant alors que tous les théoriciens de la rhétorique, à l'époque alexandrine, considèrent la fable comme étant de leur domaine ? Une fois le recueil de Démétrius composé, pourquoi Aphthonius 1 n'aurait-il pas parlé de la fable dans

les apologues, à la formule sèche et courte de la tradition ésopique ; il croyait que la brièveté était l'âme de la fable. Voy. Lafenestre, La Fontaine, p. 78.

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